Je laisse courir la plume entre mes doigts,


Ma pensée est absente au souvenir d’autrefois.

Où es-tu donc ma muse ? Je n’entends plus ta voix,

Soudain, à la lueur d’une aube grise, je t’aperçois.


Je ne suis qu’un livre ouvert sur un ciel tout bleu

Sur lequel parfois écrirait un invisible Dieu.

Mais voici que les rosiers reviennent à fleurir.


Les bourgeons de la vie éclosent et vont flétrir.


Où donc es-tu ma vie, ma force et mon génie ?

Chaque jour qui passe m’apporte l’ombre de la nuit.

Je tends en vain mes mains vers des jours plus bénis.

Le bonheur n’est pas fait pour une âme meurtrie.


Dans mon jardin de roses, j’ai semé des pensées,

Des mots qui, dés l’aurore où la clarté s’abîme,

Ont poussé mes émois au vent soufflant des cimes.

Mon esprit si rêveur, s’en est tout pénétré.


De tous ces abandons, il n’est de meilleur avril

Aux douloureux désastres à vaincre sans péril.

J’irais vers ce chemin d’un contraste subtil

Sans rivale et sans peine vers celui de l’exil.


J’ai connu tant de ces solitudes entrevues

Où le tourment des affres s’avèrent sans issue.

L’invincible silence sur des songes déchus

S’endort dans cette fange en regrets absolus.


©Valériane