J’ai cueilli une chanson aux lèvres de l’aimé


Dans le drapé de satin, sur un lit tout froissé.

Le sommeil y brûlait sous ses paupières bleues

Et ma peau frémissait sous son souffle soyeux.


J’ai écrit ce cantique rêveur au parfum de santal.

Son pouvoir me transcende jusqu’au vide abyssal.

C’est un long frisson qui retentit comme un sanglot

Dans la nuit mystérieuse aux abords d’un espace clos.


J’ai besoin de tuer en moi la mémoire et les heures

Pour ne pas mourir aux rayons du soleil, et sans fleurs.

J’ai gardé au creux des mots, de ceux qui font pleurer,

Un parfum de douleur que rien ne saurait épancher.


Ecoutez la complainte d’une tendre ritournelle,

Requiem céleste aux chants des plus intemporels.

Affamée de largesses, de tendresses et d’attentions,

Je vis, j’existe et me meurs sans ultime raison.


Comme une rose épanouie dans le soir qui s’enfuit,

Le poète égaré qui rêvait d’espoir et de mots exquis

Nous entraîne au-delà des rives sombres du néant

Tandis que la reine-fleur s’effeuille en mourant …


©Valeriane