Nous voici en route pour Le Mans, où nous avions débuté la création en novembre, et où nous retournons pour le festival "Le Mans fait son cirque". Juste avant de partir, alors que je suis dans le camion de Sylvie, je vois Didier s'affairer, porter des gros tuyaux....
Eh oui, en cinq minutes il a mis en place un petit système d'évacuation des eaux de pluie !
Sur la route je trouve quelques jolis arbres et les prends en photos, un peu pour mon frère qui semble les aimer autant que moi ! J'ai un petit doute sur le premier : je me demande bien si je ne l'ai pas déjà pris en photo cette année...
Nous nous arrêtons le temps que certains fassent le plein et pour retrouver Mamie Monique et Julien (note : c'est le petit frère de Sylvie, Carole et Didier, qui ne travaille plus dans La Famille mais vient avec nous pour ces quelques jours). Au moment de repartir tous ensemble, nous voyons Didier passer près de notre camion, et courir de façon assez étrange jusqu'au bout du parking... Dans la CB on entend à peu près dix fois la même question : "Mais QU'EST-CE QU'IL FAIT, Didier ?..." :-o
Hélène va nous éclairer : il s'avère qu'un papier important s'était envolé, et avec le vent plutôt fort qu'il y a aujourd'hui ce n'était pas gagné pour le récupérer !
Didier nous rejoint au pas de charge, et nous pouvons repartir !
Arrivés au Mans, nous voyons quelques indices qui suggèrent l'imminence du festival...
Nous repassons sur le "rond-point de merde" (c'est pas moi qui le dit, c'est Maurice à la CB !) qui m'avait bien stressée quand j'avais conduit le Vito de Bastian en rentrant de la première partie de création cet hiver.
En arrivant tout le monde est bien excité par l'ambiance électrique du festival, les autres chapiteaux déjà montés autour de notre emplacement... De mon côté je suis un peu speed car je n'ai plus que deux jours et demi d'école pour tout boucler : demain c'est tout le monde en évaluation, sauf Augustin qui en a terminé avec ça ! J'aurai également une petite élève supplémentaire : Luisa, qui reste avec nous pour tout le temps du festival. Elle m'a d'ailleurs apporté un joli cadeau qu'elle a fabriqué pour cette occasion, et que j'accroche dans la classe :
Le soir un petit groupe (dont je fais partie) va dîner chez Johanna : en réalité elle a invité tout le monde, mais comme c'était un peu compliqué de tous rentrer chez elle en une fois, elle a étalé l'invitation sur deux soirs ! Je recevrai là-bas un coup de fil de Didier qui ne me surprendra qu'à moitié : "Dis, je te passe quelqu'un qui voudrait te demander quelque chose..." Moi : "Hmmm... Laisse-moi deviner ?.. Chriq voudrait que je prenne Gaspard en classe, demain ?..."
Eh oui, c'est bien ça ! Je ne vous l'avais pas dit, mais les Bibendums Tremens sont nos voisins. Si vous avez bonne mémoire, je les avais rencontrés l'année dernière, à Neerpelt (Belgique flamande), et j'avais eu leur fils Gaspard quelques jours à l'école. J'aurai donc sept élèves demain... sans compter les correspondants du Mans, qui viennent nous rendre visite ! Assurément, la journée risque d'être bien crevante !
Jeudi nous travaillons d'arrache-pied pendant que le chapiteau se monte dehors. Avec sept élèves, la classe est à peu près complète !
Nos correspondants arrivent vers 11h30, nous leur faisons visiter notre "école temporaire", puis allons nous balader un peu sur le site du festival. C'est ensuite l'heure du sacro-saint pique-nique, durant lequel je compterai sur mes élèves pour me nourrir un peu ! En effet hier j'avais trop de travail pour aller faire des courses, et comme nous avions eu une pause de huit jours je n'ai rien de frais à manger. Heureusement Hélène m'avait déposé une demi-baguette, et j'ai retrouvé au fond d'un placard une boîte de pâté... Hmmm... le bon repas ! XD Le pire d'ailleurs c'est qu'ici en principe nous sommes nourris, et apparemment c'est délicieux ! Certains ont déjà testé hier soir, car nous ne sommes nourris que le midi, mais exceptionnellement pour le premier soir nous y avions droit (mais, je vous le rappelle, nous étions un petit groupe à aller chez Jojo). J'essaie de ne pas trop y penser en rangeant ma pauvre baguette toute caoutchouteuse et mon pot de pâté dans mon sac... Ah la la, ces maîtresses... quelle abnégation, quel sacrifice de soi ! C'est beau ! :D
Heureusement Carole avait prévu largement lors de la préparation du pique-nique de ses enfants, et en piquant à droite à gauche je réussis à me faire un déjeuner pas mal du tout ! Après le pique-nique ça part un peu en vrille, comme dans TOUTES les sorties d'école après le pique-nique, d'ailleurs ! Laissez-moi vous expliquer : en gros les enfants terminent de manger en peu de temps, les adultes sont en plein repas, au début ils arrivent à les maintenir en place, mais au bout d'un moment il faut que ça bouge ! Et quand il y a plus de cinq élèves debout c'est mort : tout le monde s'excite ! Nous les laissons bouger un peu mais j'avoue que je suis beaucoup moins cool que Gilles. Je pense que c'est une différence de caractère à la base (eh oui, je suis une stressée de la vie, c'est comme ça), mais je dirai quand même pour ma défense que les enfants n'ont pas le même âge et qu'il y a une rivière juste à côté ! Alors un CM2 qui tombe dans cette rivière peu profonde, il va être mouillé mais il y a quand même peu de risques qu'il se noie... de mon côté j'en ai quand même cinq sur sept qui savent peu ou pas du tout nager (eh oui, n'oublions pas que j'ai Luisa et Gaspard en plus, aujourd'hui) ! Gilles finit par avoir pitié de moi, à me voir tout le temps en train de guetter si les petits ne s'approchent pas de l'eau, et nous rappelons tout le monde pour tenter d'organiser un peu ce moment en mettant en route un grand jeu. Les enfants Morallès décident d'initier les correspondants au jeu "Signal reçu", qu'ils aiment particulièrement. Je ne vous explique pas les règles car elles sont un peu ardues, Augustin mettra d'ailleurs un certain temps à se faire comprendre par tout le monde !
Hubert me fera bien rire quand je vais le voir à la fin de la partie : dans un gros bosquet de bambous il a trouvé tout plein de trésors qu'il a disposés au pied d'un arbre : "Regarde, je vais ramener ça au chapiteau, il y a plein de choses ! Une bouteille, une gamelle, des couverts... et même des chaussures ! Et là-bas il y a un sac de couchage, aussi !" Euh...Tu sais Hubert je crois qu'il vaudrait mieux que tu ailles remettre tout ça là-bas, parce que ça doit être à quelqu'un qui vit là, en fait... Et si il revient et qu'il ne trouve plus ses affaires il va être bien embêté... Heureusement il comprend très bien, ne se fait pas prier et va reposer tout ça où il l'avait trouvé.
Comme nous l'avions promis à nos correspondants, nous retournons ensuite au chapiteau pour leur faire une démonstration des fameuses fusées à eau inventées à Cestas et dont nous leur avions envoyé quelques photos. Le départ s'annonce un peu compliqué : Augustin n'arrive pas à avoir la pression nécessaire, pour une histoire de diamètre de tuyau que j'ai moi-même assez mal comprise, mais je laisse les experts se débrouiller, et après plusieurs tentatives honteuses avec des mini-décollages des bouteilles, ils finissent par sauver l'honneur avec quelques "vrais" décollages.
Gilles essaiera lui aussi, à la fin, mais... Ce ne sera pas vraiment concluant ! C'est que c'est technique, tout ça !
Nous installons ensuite la grande "bâche d'excitation", comme l'appelle Augustin, et sortons du matériel de cirque : balles, diabolos, foulards, massues et monocycles ! C'est d'ailleurs avec les monocycles que je vivrai un grand moment de solitude. Déjà c'est un peu compliqué de trouver un endroit où se mettre : sur l'herbe ce n'est pas facile d'en faire, mais sur le chemin il y a des énormes Manitou qui passent régulièrement, puisque, je vous le rappelle, nous sommes en pleine installation du site du festival. Je vois un gros tas de barrières en métal juste à côté, je commence donc à en prendre deux pour que les enfants qui essaient le monocycle aient de quoi se tenir. Malheureusement des gars viennent nous les prendre car ils sont chargés de mettre des barrières partout autour du chapiteau. Je trouve un autre tas de barrières, en reprends deux, mais cinq minutes plus tard rebelote, on vient nous les prendre... J'ai alors l'idée de prendre deux barrières qui sont installées depuis hier soir entre la caravane de Jean et la mienne : ça fait un trou mais peu importe, je les remettrai quand nous aurons terminé.
Deux minutes plus tard un mec arrive et commence à vouloir nous les prendre "Non non, lui dis-je, celles-ci je les ai prises là, je les remettrai à la fin de l'atelier ne vous inquiétez pas.
- Ah oui mais c'est qu'on doit installer des barrières pour ce cirque.
- Oui oui, je sais, je vis avec eux. Les barrières étaient installées là, je les remettrai.
- Ah... OK.
Ouf, je me crois tranquille... Mais non, cinq minutes plus tard un autre mec revient et fait mine lui aussi de prendre une des deux barrières sur lesquelles sont agglutinés sept ou huit enfants un peu bancals sur leurs monocycles. Je me précipite de nouveau :
- Non non, ne prenez pas ces deux barrières, je les ai prises là, je les remettrai après ne vous en faites pas.
- Ah oui mais nous on nous a demandé de tout barriérer.
- Je sais bien, mais il faut en trouver d'autres, alors, parce que celles-ci n'étaient pas dans votre tas, je les ai prises là, entre ces deux caravanes.
- Oui, mais de l'autre côté il y a des endroits sans barrières et on nous a dit d'en mettre.
- ...
- C'est pour ça, je dois les prendre pour aller les mettre là-bas.
- Non mais si je ne les avais pas prises, elles seraient juste là, entre ces deux caravanes, là où il y a un trou, justement. Si vous les prenez je ne pourrai pas les remettre et il y aura un trou ici, du coup.
- ...
- (ne pas s'énerver... rester calme... faire abstraction de la fatigue et des enfants surexcités autour, continuer de sourire et d'être courtoise) Regardez : si je ne les avais pas enlevées, ces barrières, qu'elles étaient toujours là entre les deux caravanes, vous n'auriez pas fait un trou dans les barrières ici pour aller en remettre là-bas ?! C'est... ça n'a pas de sens !
- Ah... Oui... Il va falloir trouver d'autres barrières pour finir là-bas, alors...
- Voilà... C'est l'idée... XD
Bon, en même temps j'imagine bien que de l'autre côté ils devaient se faire houspiller parce qu'il manquait des barrières et que ce n'était pas facile, mais il y a quand même un moment où j'ai cru qu'ils allaient me rendre folle...
En retournant près de la bâche je verrai les Morallès revenir du catring "qui était vraiment délicieux" me diront-ils. Bouhouhou... Je suis sûre que vous le faites exprèèèès ! (notez au passage que Marius, durant ce repas, semble avoir changé de parents!)
Après les ateliers de cirque Augustin met en place un jeu où il tire tout le monde à la corde, sur la bâche : je ne sais pas où il puise cette énergie, car il fera ça pendant un certain temps.
Gilles veut essayer lui aussi, mais pour ça Augustin embauchera deux "aide-tireurs" !
Et ce sera ensuite au tour d'Augustin de se faire remorquer : quand même, il l'a bien mérité !
Dernière petite photo de groupe, et nos correspondants repartent : nous les reverrons demain soir, puisqu'ils viendront voir le spectacle.
Les enfants rangent la bâche sous la conduite d'Augustin, puis nous retournons dans l'école pour retravailler un peu (eh oui, je suis implacable, je sais... mais je vous rappelle qu'il nous reste très peu d'école et qu'on a encore du pain sur la planche!)
Je sors de cette journée complètement épuisée, malgré le contentement de voir que les enfants ont passé de bons moments tous ensemble. La soirée sera très calme car une grosse partie des Morallès sont chez Johanna. Pas de bol pour ceux qui restent : pas de catring ce soir... C'est drôle de voir le campement si vide et si calme, on sent qu'il manque quelque chose ! Je ne ferai pas long feu ce soir : il faut recharger les batteries pour la journée de demain, qui promet d'être longue elle aussi... Juste avant de m'endormir j'aperçois une petite plume laissée là par Bruno. De jolis rêves en perspective. :-)
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