Nous voici repartis pour la plus longue tournée de l'année : trois mois ! Nous enchaînons presque deux mois de résidence ( = création du nouveau spectacle) à Salbris, puis un peu moins d'un mois à Bègles (résidence itou), et enfin deux semaines de tournée vers Bordeaux. Les préparatifs ont été assez longs car il ne s'agissait pas d'oublier quelque chose ! Hier je suis allée à Monthodon avec Bruno, pour qu'il me dépose avec mes affaires et reparte chez nous ensuite, ce qui évitait de laisser la voiture trois mois dans le garage de Didier et Hélène. Après une courte pause, le temps de déjeuner, il repart : j'avoue que la séparation est un peu dure ! Mais hauts les coeurs, j'ai du pain sur la planche ! J'aménage le camion (qui pour une fois n'est pas très humide, en tout cas moins que d'habitude), range mes affaires, enlève des livres pour en remettre d'autres que les enfants ne connaissent pas encore par coeur... L'après-midi et la soirée passent vite. J'ai la surprise de voir Gino débarquer avec un gros paquet pour moi : c'est un poste radio/CD !
Je vais enfin pouvoir capter la radio correctement (au Mans je n'avais jamais réussi à avoir France Inter), écouter des CD et en passer aux enfants sans se prendre la tête à aller chercher l'ordinateur d'Augustin. Merci encore, Papa Noël ! ;-)
Ce matin le départ est fixé à 9h30. Alors que je termine de ranger et de vérifier que tout est bien attaché, Bastian passe me voir. "Dis voir Céline, ça t'embêterait de conduire mon Vito tout à l'heure pour aller à Salbris ?..." Rhaaaa... Je le savais... D'ailleurs hier dans la voiture, à un moment, j'avais dit à Bruno : "Y'a un truc qui me fait peur, quand même : maintenant que j'ai conduit une fois le Vito de Bastian, j'espère qu'ils ne vont pas me faire le coup à chaque fois..." J'avais eu du nez ! C'est que je commence à les connaître, les Morallès ! Bon, en même temps maintenant que je l'ai fait une fois, je suis déjà un peu moins angoissée... Enfin... Un tout p'tit peu, quoi... Ce n'est encore pas aujourd'hui que vous verrez de belles photos de la route ! A la place j'ai quand même pris le Vito, puisqu'il semble en passe de devenir mon ami pour la vie XD
Il y a trois choses qui me font peur : nous allons rouler dans le convoi avec les camions, je n'ai pas du tout eu le temps de regarder le chemin sur une carte et je serai toute seule. Il ne va donc pas falloir les perdre ! Tout le monde me dit (souvent d'un air narquois, je tiens à le dire!)(ouais, je balance, c'est comme ça, c'est ma vengeance!) : "Alooors, tu conduis le Vitooo?". Cette phrase est souvent suivie d'encouragements, sauf pour Maurice (et paf je re-balance!) qui, lorsque je dis "Bah, je l'ai déjà fait une fois, ça devrait aller!", me répond : "Ah... Ouais... Mais bon c'est souvent la deuxième fois qu'il y a des problèmes avec ce genre de choses..." Vilaiiin !!! XD
L'inévitable moment arrive : nous partons. Comme je n'avais pas envie de me retrouver coincée entre deux camions, je me mets en avant-dernière position. Gino fermera la marche dans son Kangoo et je bénis cette présence rassurante. Le premier moment de stress arrive à un stop où nous devons tourner à gauche, en traversant une route assez fréquentée. Je devrai attendre un certain temps pour pouvoir y aller, et Bastian, qui est devant moi dans le convoi, est déjà assez loin quand je parviens à tourner. Bien entendu il y a non loin de là un rond-point, et quand j'arrive dessus : plus de Bastian ! Je n'ai pas pensé à anticiper et regarder tôt vers où il partait, je m'engage donc sans trop savoir où aller. Et évidemment, c'est en passant la première sortie que je vois que c'est celle qu'il a prise, en apercevant au loin sa caravane... J'en suis quitte pour un tour de rond-point... ainsi que Gino, puisqu'il me suit ! Du coup Bastian s'est inquiété, ne me voyant plus, et m'appelle sur mon portable. Deuxième moment de stress (je ne réponds JAMAIS sur mon portable en conduisant, je suis une fille très respectueuse des lois!)(et surtout une grosse angoissée du volant!), mais là il faut bien que je décroche... Après l'avoir rassuré en lui disant que je suis non loin derrière lui, nous continuons tranquillement... jusqu'à ce que, un peu plus tard, je sente une irrépressible envie d'aller aux toilettes... Eh oui, je suis une grande émotive : je rougis, je perds le contrôle de ma vessie, j'angoisse, et si vous me cherchez vraiment je peux même tomber dans les pommes ! ;D Du coup ça me stresse complètement : au bout d'une demi-heure je dois admettre que je ne pourrai pas attendre jusqu'à ce que nous soyons arrivés. Mais il faut trouver un endroit adequat (or tout le trajet se fait sur nationales, il n'y a pas d'autoroute), je n'ai pas la CB pour prévenir que je vais essayer de m'arrêter, je ne veux pas appeler Bastian pour le prévenir tout en conduisant, je me dis que si je m'arrête toute seule je risque de les perdre... Le stress n'arrange pas les choses et rend le problème de plus en plus urgent... et là, ô miracle, je vois qu'une partie du convoi s'est arrêtée à une station essence ! Je saute sur l'occasion, Gino ne peut pas s'arrêter car la station est petite et nous prenons déjà beaucoup de place, j'ai perdu mon ange gardien mais peu importe, je vais pouvoir régler le problème, et je suis sûre que ça ira beaucoup mieux après ! Je préviens Marlène pour qu'ils ne repartent pas sans moi, Bernard et Mamie font le plein (et moi le vide XD ), et nous voici de nouveau sur la route. Aaaah... ça va mieux ! C'est fou comme un détail peut rendre la vie plus belle ! Je suis beaucoup plus détendue, même si je commence à avoir mal au dos et aux épaules... Un peu plus loin j'aperçois Gino qui attend sur un parking, sur le bord de la route, et qui me laisse passer avant de se replacer derrière moi. Nous arrivons dans des paysages magnifiques : vive la Sologne ! C'est boisé, roux, ça donne envie de se garer sur le bas côté et d'aller s'y perdre. Nous arrivons enfin et je découvre cet endroit où nous allons passer pas loin de deux mois : bien paumé, mais dans le sens positif du terme ! Les chiens semblent apprécier, en tout cas ! J'en profite pour vous présenter Fawcett, la nouvelle chienne de Carole et Gino, mignonne comme tout !
Et sur la photo suivante vous pouvez la voir à nouveau, accompagnée de Scola, derrière, et au fond à droite Busta, le chien de Marlène (vous ai-je déjà parlé de Busta-cervelle-de-poisson-rouge ?... Oui, je crois!).
Nous nous garons les uns derrière les autres sur le chemin puisqu'il n'y a que nous ici : une belle file de véhicules, avec le camion du chapiteau en tête.
Notons également l'arrivée d'une nouvelle caravane : celle de Marlène, qui quitte l'ex-camion de Johanna pour le laisser au nouveau régisseur lumière, Jean (à ne pas confondre avec le Jean ui fait du fil)(je suis sûre que plus personne ne suit, là!).
Un petit tour vers les bâtiments me permettent de découvrir la bien jolie roulotte en bois que voici (Fred, qui nous fera à manger pendant toute cette résidence, m'expliquera plus tard qu'il s'agit à la base d'une caravane toute bête redécorée) :
Nous déjeunons tranquillement avant de tracer et d'installer tous les convois, et l'après-midi passe vite entre le rangement et le ménage. Ce soir les enfants "payent leur coup" pour fêter l'installation d'un grand auvent devant la caravane d'Augustin et Léon : jus de pomme et coca à volonté ! (désolée pour la photo cracra, j'ai été obligée de mettre le flash, c'est vraiment vilain...)
Mamie en profite pour offrir à chacun un paquet de chocolats, pour la nouvelle année. Puis nous allons en ville avec Sylvie, Bernard, Didier et Léon pour un dîner-concert dans un endroit que je recommande chaudement : "Les copains d'abord". Nous y dînerons et assisterons à un concert de "Volo" : je peux vous dire que c'est de la chanson française, mais je n'ai pas trop de mots pour vous en parler, à vous de fouiner un peu pour en savoir plus sur eux. Un très très bel univers, en tout cas, de la poésie et une bonne dose d'humour... je ne regrette pas ma soirée ! Nous rentrons assez tard, vers minuit et demie, et tout est éteint car tout le monde semblait bien crevé ce soir. Heureusement demain c'est dimanche, j'aurai le droit de dormir un peu avant de me mettre au boulot !
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