Bon, il fallait s'y attendre... A force de tirer sur la corde ce matin je ne me suis pas réveillée... Les yeux ouvert à 8h50, ça faisait un peu juste pour avoir le temps de se réveiller correctement avant le début de l'école à 9 heures ! Pas le temps de petit-déjeuner, le midi je demande à Hélène et Didier si je peux squatter avec eux pour le café, histoire de tenir la forme tout l'après-midi. C'est l'occasion de prendre quelques photos de Marius et d'immortaliser son petit bonnet trop mignon !
Le soir, grande première pour moi : je fais des élastiques !!! C'est une chose qui me tentait depuis longtemps, ils les ont installés et me proposent d'essayer. J'ai peur d'être complètement ridicule, mais je me donne un coup de pied aux fesses, et j'ai bien fait ! Il y a quand même du monde sous le chapiteau : Didier, Hélène, Sylvie, Carole, Bernard, Bastian, Patrick, les enfants... Bref un bon public devant qui avoir l'air débile ! Je me lance quand même.
Ce n'est pas très facile, quand on l'explique, de comprendre le mouvement à faire pour que ça monte : grouper les jambes et tirer sur les bras, mais en fait après deux ou trois rebonds où j'oublie de tirer sur les bras je finis par saisir, on le sent vite, un peu comme sur une balançoire. Pour moi qui ai le vertige en haut d'un escabeau, ce n'est pas gagné : au début je ne peux pas regarder en bas, ils me disent "Regarde-nous!", et moi je réponds "Nan nan" en fixant la coupole (en haut, donc), parce que ça m'affole carrément de les voir si loin en bas !
Et puis petit à petit ça s'apaise...
Forcément pour eux ce n'est pas grand-chose, alors v'la-t-y pas qu'ils me disent "Eh, tu ne veux pas essayer un petit saut périlleux arrière, tu vas voir il suffit de grouper et monter les genoux, et les lancer vers l'arrière, ça part tout seul". Il faut quand même savoir que petite je n'ai jamais été fichue de faire une roulade arrière correcte (je vous ai déjà dit que je n'ai jamais été sportive, mais même ne serait-ce que "tonique" ?!...). Je tente une première fois, ça ne passe pas, réessaie une seconde, et là miracle, même si c'est un vieux saut périlleux tout poussif et qui "coince" en haut (vous savez quand on se dit "Elles vont basculer de l'autre côté les fesses ou pas ?!"), ça passe !
Je préfère ne pas imaginer ce que ça peut donner vu d'en bas ("un éléphant qui se lançait sur une toile toile toile, toile d'araignée"...) et, enhardie et poussée par eux qui m'en réclament toujours un petit peu plus, j'arrive à recommencer plusieurs fois, d'abord toujours en me tenant, puis avec une seule main, et enfin sans les mains !
C'est toujours un peu poussif, d'autant plus que je me fatigue un peu, mais j'y prends de plus en plus de plaisir. Je finis par sentir mes muscles fatigués (je crois que je vais découvrir l'existence de certains avec les courbatures, demain!). On me fait faire deux "fusées" (on tire par les pieds, donne un peu de mouvement, tire un grand coup puis lâche tout)
Enfin, je redescends. En arrivant sur la piste ça fait super bizarre, mes jambes ne me portent plus du tout et restent flagadas quelques secondes avant que je sois à nouveau droite sur mes pieds !
Ils me disent que je m'en suis pas mal sortie pour une première fois et que c'est bien que j'ai réussi à lâcher les deux mains, du coup je suis toute fière de ce qui reste pour moi une grande prouesse ! Et même, j'ai très envie de recommencer une autre fois !
Je retourne au camion me remettre de mes émotions (c'est rigolo, j'ai les mains toutes tremblantes!), et Sylvie en passant me dit "Au fait, huit heures moins cinq, ce soir ?"... J'avais complètemennt oublié que nous avions prévu de retourner au cinéma ce soir pour voir "Des hommes et des dieux" ! Moi qui pensais me mettre au lit super tôt pour ne pas recomencer la panne d'oreiller de ce matin...
Cette fois nous trouverons le cinéma sans problème et serons même bien en avance ! Le film me plaît beaucoup, déjà je trouve tous les acteurs très "beaux" grâce à la façon dont ils sont filmés. Il y a énormément de très gros plans, on voit des rides, de la vie passée, des émotions... Et puis je trouve la narration très nuancée, toute en finesse, ça ne tombe jamais dans la facilité ni dans la caricature. On s'attache à chacun, avec ses failles et ses faiblesses, on aurait presque envie de les réconforter, de leur tenir la main. Les acteurs sont très bons, déjà Lambert Wilson (même si je ne trouve pas que ce soit le plus convaincant, dans le rôle d'un moine), mais aussi Michael Lonsdale (en vieux moine médecin très piquant mais si drôle), Jacques Herlin qui joue ce vieil Amédée si attachant, et Olivier Rabourdin, qui m'a énormément touchée dans ce rôle de brebis égarée, si désemparé, si humain.
Les relations entre ces hommes sont belles et fortes, on en oublie leur fonction (ce sont quand même des religieux) pour prendre le temps de se souvenir que ce sont des hommes avant tout. Je crois que Xavier Beauvois a réussi là un très beau film et je vous encourage fortement à aller le voir : cette fois le foin médiatique ne me semble pas exagéré.
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