Après une bonne grasse matinée et un peu de boulot, me voici prête pour partir me promener un peu dans Vesoul. J'y vais à pied, par une grande rue pas très agréable, mais je ne le regrette pas car en passant je verrai une croix qui m'intrigue.

En m'approchant d'un peu plus près je vois le texte "40 jours d'indulgences ont été accordés par Monseigneur Mathieu à toutes les personnes qui en passant devant cette croix feront acte de contrit (? ils n'avaient pas la place pour le "ion" ou ça se dit ?!), réciteront un Ave Maria".

Ceci me laisse songeuse : indulgences pour les bêtises qu'on a faites depuis 40 jours, ou pour les prochains 40 jours ?!...
Je continue mon chemin et aperçois un petit pont que je trouve bien joli, je bifurque donc dans sa direction et le prends.

Il enjambe un petit cours d'eau et pénètre dans un parc, où je tombe sur une aire de jeux et son étrange château miniature.

Un peu partout les arbres commencent à prendre leur parure d'automne, c'est très beau.

J'apprécie la beauté du lieu en prenant les allées qui m'inspirent.

Un autre petit pont à enjamber, et me voici dans le centre ville.

Je vais là où mes yeux sont attirés, au hasard des rues, j'ai là une impression de déchéance, je ne sais pas pourquoi, il y a beaucoup d'endroits abandonnés, de magasins fermés... Ces rues-là ont perdu de leur splendeur mais conservent un certain charme.

Soudain un panneau attire mon oeil :

C'est un point de vue dont m'a parlé Anaïs, je n'avais pas spécialement prévu d'y aller maintenant car je n'ai pas déjeuné et les nuages au-dessus de ma tête sont un peu menaçants, mais c'est trop tentant ! Je suis le panneau... Il me mène aux portes de la ville, près d'un mur d'enceinte et en bas d'une rue qui grimpe bien comme il faut !

Je grimpe donc, et... Tiens, ça ne vous rappelle pas quelque chose, ça ?!

Eh oui, pour les plus assidus, ça a un air de déjà vu, avec mon escapade à Grenoble, première place de la première tournée de l'année dernière. Je grimpe encore et arrive au pied de la motte, d'où part un chemin de croix. C'est le premier que je vois, je n'avais jamais réalisé que ça porte plutôt bien son nom, puisque c'est réellement un chemin avec des croix tout du long. Je me demande si il existe encore des gens qui font VRAIMENT ça à genoux... Pour ma part ce sera sur mes deux pieds, hein, c'est déjà assez difficile comme ça ! XD

Allez hop, un peu de culture religieuse, je vous mets toutes les croix, pour la peine !

Là je n'en suis pas encore à la moitié des croix et ça tire dans les mollets ! Mais quelles drôles d'idées j'ai, moi, parfois !

(vous remarquerez au passage que j'avais fait tomber le manteau et le gros pull, à ce moment de la montée!) Et hop, on repart !

Petite minute culturelle avec un panneau qui nous informe que ce versant de la motte était, au Moyen-Age et jusqu'à assez récemment, occupé par la vigne. Les vignerons y accédaient par la rue Vendémiaire que j'ai empruntée tout à l'heure ("de vindemia, vendange", on en apprend tous les jours!). Leurs maisons sont reconnaissables aux entrées de caves qui prennent sur le trottoir. Ce vignoble a atteint son extension maximale à la fin du 18ème siècle et a décliné peu à peu, jusqu'à ce que le phylloxéra lui porte un coup fatal, entre 1880 et 1890. Mais trêve de bavardage, vous croyez que je n'ai pas vu que vous étiez en train de vous endormir sur vos lauriers ?! Allez, on repart, d'autant plus que quelques gouttes commencent à tomber, là ! C'est reparti pour la montée de Jésus (on dirait un peu des titres des albums "Martine", ces textes, non ?... Désolée, je ne suis pas très respectueuse ! C'est la fatigue, j'vous jure...) En même temps j'ai droit à 40 jours d'indulgences, je vous ferais remarquer ! :D

A ce moment-là je les remets, moi, mes vêtements, car ça tombe de plus en plus, et je cours presque entre les croix.

Me voici enfin arrivée au sommet de la motte (enfin presque). Second panneau explicatif, grâce auquel j'apprends que c'est au 9ème siècle que le comte de Portois y fit édifier un château en bois, puis en pierre, et s'y installa. Il appartint ensuite aux puissants seigneurs de Faucogney, puis Louis XI le fit démanteler en 1469 (le vilain).

Au 18ème siècle y fut dressée une croix de dix mètres, abattue en 1793 (tiens donc !) pour faire place à un obélisque éphémère à la gloire de la Convention et de la Liberté. En 1854, le choléra fit de très nombreuses victimes en Haute-Saône, mais seulement 21 à Vesoul. Pour remercier la Vierge protectrice, les Vésuliens (eh oui, c'est comme ça qu'on les appelle) édifièrent en 1857 l'oratoire actuel. Voilà, désormais vous savez tout ! Sur les murs d'une cavité dédiée à la Vierge, on peut voir les innombrables plaques de remerciements (ah oui, des "ex-voto", c'est vrai, j'ai appris ce mot récemment!).

Et n'oublions pas la dernière croix, avant d'achever notre ascension tout en haut de la motte.

Nous voici tout en haut, avec une belle vue sur Vesoul, bien qu'on y verrait certainement plus clair si il ne tombait pas des trombes d'eau...

J'avoue que je ne m'attarderai pas sur la table d'orientation car je commence à être bien mouillée (je vous jure, à part les éclairs c'est tout comme Grenoble!).

Pis c'est pas tout ça mais il faudrait songer à redescendre... Vous pouvez voir sur la photo suivante, juste à gauche de la croix, un couple de touristes anglais qui a affronté les éléments quelques mètres devant moi.

Une photo de la rue Vendémiaire en redescendant (maintenant que je sais pourquoi elle se nomme ainsi!), trois petites mûres glanées en chemin (bin oui je commence à avoir faim, moi!), et c'est reparti.

Dans le centre ancien je passe devant un passage qui m'interpelle : le "Passage des Annonciades" .

C'est très joli mais la première maison, qui est la plus belle et donne sur la rue, semble abandonnée. Je rêve devant la porte en pensant au temps de sa splendeur et à ceux qui en franchissaient le seuil.

J'aperçois soudain un panneau "musée" : j'ai prévu d'y emmener les enfants lundi, sachant qu'il est gratuit je décide d'aller y faire un tour de reconnaissance. La dame qui m'accueille est super sympa, nous discutons un peu et elle me donne un exemplaire d'un petit jeu/questionnaire qu'ils donnent aux enfants quand ils accueillent des classes. Au départ seul le rez-de-chaussée, avec des objets préhistoriques et gallo-romains (c'est le programme de Gabrielle en Histoire cette année), m'intéressait, mais finalement je trouve que le premier étage passe super bien avec ce petit jeu, en attirant l'attention sur certaines oeuvres et en évitant ainsi aux enfants d'être noyés sous la masse de choses à regarder. J'y passe finalement un certain temps ! Mais point de photos pour vous, je mettrai ça en ligne lundi, dans le compte-rendu de notre sortie ! Allez, juste une pour patienter : cette étrange sculpture sanglio-musicale qui en orne la cour...

Je ressors de là à plus de quinze heures, et forcément : je crève la dalle ! Un peu tard pour manger, je m'arrête dans le salon de thé "La Pause Gourmande", où je me prends un "délicieux au chocolat" et un smoothie passion-mangue... Miam miam...

Je soupçonne néanmoins les propriétaires de droguer leurs produits : en sortant de là je passe devant un magasin de vêtements, et là... c'est le drame... Entrée pour tenter de me trouver un jean (je n'en avais qu'un et je ne le retrouve plus, ce qui fait que je tourne avec trois pantalons qui me vont, en ce moment!), je fais bien évidemment chou blanc mais ressors avec quelques autres petites choses... Absolument pas indispensables... D'un côté je me dis que je n'ai pas trop de sous et que ce n'est pas très raisonnable, et de l'autre je réponds que zut, ça fait plus d'un an que je ne me suis absolument rien acheté, un petit craquage en règle de temps en temps ça fait du bien, aussi... (oui oui, je tiens des dialogues à moi toute seule, je suis très forte) XD
Je ressors de là pas très en avance, le spectacle est dans moins d'une heure et je dois encore rentrer au chapiteau qui n'est pas vraiment juste à côté. Heureusement je prends un chemin réservé aux piétons, qui en plus d'être très joli permet de rentrer plus vite (et m'aperçois par la même occasion que mercredi nous avons fait un gros détour par une route moche pour aller à la piscine, alors que nous aurions pu emprunter cette bucolique "coulée verte" !).

Ouf, je suis à l'heure ! Mais grosse déconvenue ce soir : pas de public ! Ou plus exactement : très très peu... Environ 35 personnes... Chose qui n'arrive jamais, puisque d'habitude ce sont les villes ou des théâtres qui achètent le spectacle, et qui font donc suffisamment de pub pour rentrer dans leurs frais. Là, apparemment la communication n'a pas été très dynamique. Le spectacle aura quand même lieu, mais j'imagine que le chapiteau doit faire un peu vide, c'est le moins qu'on puisse dire... Ce qui ne nous empêchera pas d'aller manger et boire un coup sous le chapiteau pour nous consoler (toutes les raisons sont bonnes, en fait!)
De retour au camion je me remets au travail, car mon challenge du week-end est le suivant : avoir toute ma semaine préparée demain soir, afin de profiter tranquillement de la présence de Bruno qui arrive mercredi. :-)