La nuit fut... courte et difficile, c'est le moins qu'on puisse dire ! Je me réveille peu avant quatre heures du matin. J'émerge doucement, mon ordinateur branché pour recharger la batterie émet une lumière diffuse. Dans cette lueur, je vois un truc qui passe et repasse dans la grande pièce du camion. Mes yeux s'habituent peu à peu à l'obscurité, mon esprit se désembrume, et là je comprends : c'est une chauve-souris ! Je reste sans bouger un moment : je sais bien qu'il faudrait la faire sortir (d'ailleurs COMMENT est-elle rentrée, c'est un bien grand mystère, puisque la porte et la fenêtre sont fermées...). Mais voilà, j'ai peur de descendre l'escalier et de me faire attaquer par le fauve assoiffé de sang (bin quoi ? Vous n'avez jamais vu "L'attaque des chauve-souris tueuses" ?! ) :-D
Bref, des millénaires de mise sous protection masculine remontent à la surface (je sais, c'est mal, et le féminisme bordel?!) : je remue un peu pour tenter de réveiller Bruno. Pas de réaction.
- Bruno ?...
- ...
- Brunoooooo ?...
- Hmmm...
- On a un petit problème. Y'a une chauve-souris dans le camion.
- Quoi ?
- Y'a une chauve-souris, là, qui vole dans le camion.
- Mais non ma chérie c'est pas une chauve-souris, ça doit être un papillon.
- Non, je t'assure, c'est une chauve-souris.
Bruno soupire, se rapproche de l'ouverture de la capucine, jette un coup d'oeil et... "Ah bin oui, t'as raison, c'est une chauve-souris... mais COMMENT est-elle rentrée ?"
Bonne question... Bruno ouvre le côté de la capucine (là où nous dormons, au cas où elle ressortirait par là), descend, ouvre la porte, ouvre la fenêtre en se faisant tomber les rideaux sur la tête au passage (je vous rappelle qu'il est quatre heures du matin), et nous patientons quelques instants, que la demoiselle daigne sortir. A un moment j'ai l'impression qu'on va devoir attendre une heure (elle vole trop haut) et je suggère qu'on allume pour qu'elle sorte mais Bruno craint de l'aveugler. Le temps de discuter de ça, et nous ne l'entendons plus : nous ne l'avons pas vue partir, mais apparemment elle n'est plus là.
J'allume pour vérifier : c'est bon ! Par contre ça attire un gros papillon de nuit noir qui vient me vrombir dans les oreilles... Je le capture dans un verre, descend, puis le relâche dehors. C'est bon, on va peut-être pouvoir dormir ?!

Nous nous recouchons, commençons à nous rendormir... Et là j'entends "tap... tap... tap..." : des bruits de gouttes qui tombent. Sachant qu'il pleuvait tout à l'heure je me dis que c'est peut-être ça... Mais je me souviens tout à coup avoir entendu Gino, hier soir, dire qu'il y avait beaucoup de pression ici, et je commence donc à soupçonner que ça doit couler à nouveau sous l'évier, comme à Vienne. Je me relève, vais regarder sous l'évier, et effectivement ça goutte bien ! Je décide de couper carrément l'eau : je passe des vêtements, sors du camion et débranche le tuyau avec moults précautions car ce n'est clairement pas le moment de provoquer une catastrophe avec jaillissement d'eau ! Ouf, l'opération se passe correctement... Cette fois sera la bonne : je peux enfin me rendormir ! Mais ce matin, forcément, je ne suis pas très fraîche !

Je vais courir non accompagnée car j'ai oublié d'en parler à Sylvie hier soir. Je ne prends donc pas le chemin de l'ancienne voie ferrée car seule je ne le sens pas trop (oui je sais je suis paranoïaque, Bruno me le dit régulièrement !) Au bout de deux cents mètres un chien derrière une grille se met à m'aboyer dessus frénétiquement : c'en est trop, ça plus la mauvaise nuit, puisque c'est ça j'arrête de courir ! Je finirai la balade en marchant, ce qui n'est pas terrible du point de vue sportif, je vous l'accorde, mais enfin ça me fait prendre l'air, c'est toujours ça !
La journée de classe se passe tranquillement, dans le calme puisque le montage ne se fait pas aujourd'hui. A midi Bernard devient mon sauveur : il vient regarder mon robinet qui fuit, l'ouvre et me dit que la vis a pris du jeu et que c'est peut-être ça le problème. Il la resserre donc, et en effet ça ne fuira plus ! Fallait y penser !

Après l'école Bruno découvre le monocycle d'Augustin, que ce dernier avait décoré à Vienne : ça lui avait pris un après-midi, il s'était amusé à découper des pailles de couleur et à les fendre dans la longueur, puis à en mettre sur tous les rayons. Admirez plutôt le résultat !


Le soir nous allons faire quelques courses puis Bernard vient nous proposer de dîner avec Sylvie et lui. Proposition acceptée avec plaisir !

Bon... Comme dirait l'autre, "Je dormirai quand je serai mort" !