Réveil (difficile!) à cinq heures et demie. Heureusement qu'on a préparé le plus gros hier, il n'y a plus grand-chose à faire. Je réalise que je ne serai jamais sortie de cette place, c'est un peu la honte ! Vers six heures et demie Maurice coupe l'eau et l'électricité, les fils et les tuyaux sont décrochés, roulés, rangés, puis le ballet des véhicules commence sur le stade, pour accrocher les caravanes et se placer de la bonne façon en attendant que les tracteurs s'occupent du remorquage...


Je me sens souvent inutile dans ces moments-là, et ce matin encore plus car les petits sont restés confinés dans les camions : il est très tôt, ils ne sont donc pas bien réveillés et en plus il fait nuit, les manoeuvres seraient trop dangereuses avec eux. D'habitude je m'occupe de les éloigner un peu pour que tout ça puisse se faire sereinement, mais là je ne sers vraiment à rien du tout ! Je discute un peu avec Léon puis je m'éloigne pour ne pas gêner.

Avec Bruno nous regardons les différentes traces laissées sur la pelouse du stade. Ici, on voit l'empreinte d'un chapiteau, là où l'herbe n'a pas vu le soleil ni respiré pendant trois jours.

Là, de profondes cicatrices entaillent le terrain autrefois bien lisse et homogène... M'est avis que des footballeurs vont beaucoup nous en vouloir et pester contre ce festival de cirque, pendant quelques jours !


Nous ferons le début de la route avec Anaïs, au moment de sortir du terrain son véhicule (un utilitaire) s'embourbe et patine : nous sortons pousser un coup, et c'est parti !
Nous n'avons pas beaucoup de chance aujourd'hui sur la route. Tout d'abord, nous perdons trente minutes dans un embouteillage car il y a eu un accident. Ensuite, à un embranchement nous faisons le mauvais choix, et au lieu de contourner Bruxelles par le "Ring" (l'équivalent de notre périph), nous entrons dans la ville ! Vous voyez ce que ça donne d'être complètement paumé dans une grande ville que vous ne connaissez pas, en voiture ? Eh bien imaginez maintenant le même problème, mais avec des camions, des remorques, des caravanes... Didier, Hélène et Mamie ont échappé à la galère car ils étaient partis en premier et ne s'étaient pas trompés. Nous voici donc en plein milieu d'un énorme carrefour (qui semble déjà bien bordélique en temps normal), avec des files de voitures qui arrivent de tous les côtés, des feux qui font que tout le monde ne peut pas passer en même temps, et le tram qui passe aussi par là, histoire d'arranger les choses !

C'est un bon moment de stress, surtout pour les conducteurs ! Après encore une demi-heure de gros bazar, nous arrivons à retrouver notre route. Bernard lance dans la CB : "Bon, vous croyez qu'on va arriver à passer la frontière avant la nuit?!..."
Lors d'un arrêt pour prendre de l'essence on s'achète quelques confiseries pour le voyage, et là on regrette nos tickets-boisson qui nous restent ! En effet, avec on pouvait prendre soit une boisson, soit des petits paquets de chips ou de M&M's. Des plus malins que nous y sont allés le dernier soir et ont échangé leurs derniers tickets contre des M&M's... Bin ils ont eu raison, eux ils ont des provisions !

Mine de rien j'aime beaucoup ces voyages, même si c'est parfois long (quand on ne conduit pas franchement la longueur est très relative!), on discute, on grignote, on profite des beaux paysages... Ci-dessous, un magnifique specimen de "Village Saint-Morêt" (private joke pour mon frère!)


Le ciel est plein de nuages, on se prend un peu de pluie mais moins que ce qu'on aurait pu craindre en regardant là-haut !


Cette fois le convoi est éclaté, avec deux ou trois véhicules dans chaque "grappe" : Hélène, Didier et Mamie sont devant ; ensuite c'est Anaïs, Sylvie et Bernard, puis viennent Carole et Johanna (je n'ai cité que les conducteurs, là). Le midi nous déjeunons donc avec Sylvie et Bernard, bien au chaud dans leur caravane. Anaïs n'avait rien à manger car elle pensait qu'on s'arrêterait sur une aire avec de quoi manger sur place, mais en mettant en commun nos provisions et celles de Sylvie on a tout ce qui faut ! Par contre Anaïs est embêtée car elle avait prévu de donner le volant à Maurice au moment de la pause du midi, or comme il ne déjeune pas avec nous elle va devoir conduire jusqu'au bout avec un mal de dos carabiné. Je change de véhicule à ce moment-là pour aller avec Sylvie, qui était seule dans son camion. C'est aussi un des grands plaisirs de la route, on peut changer de carosse, c'est toujours différent.
A Paris, pour contourner, on tente par le périph... Eh bien fallait pas ! En effet ça bouchonne pas mal, Carole et Gino ont pris l'A86 et ils passent devant nous ! Comme quoi, c'est un peu comme aux caisses de supermarché, on a toujours l'impression qu'on s'est mis là où il ne fallait pas.. La fin du voyage est un peu dure car nous ne ferons pas de pause l'après-midi, nous avons perdu trop de temps entre les embouteillages et l'erreur d'aiguillage à Bruxelles, maintenant il faut rouler ! Je m'endors et j'ai bien du mal à émerger ensuite, retombant dans le sommeil à plusieurs reprises, j'ai un peu honte car si j'étais venue dans le camion de Sylvie c'était aussi pour qu'elle ne fasse pas le voyage seule, or là c'est du pareil au même ! Vers la fin j'arrive enfin à me secouer et nous papotons sans interruption jusqu'à l'arrivée. Elle me raconte les deux faillites du cirque de ses parents et la période trouble qui s'en est suivie, ses histoires sont vraiment incroyables... Nous arriverons enfin peu avant 19 heures, tout le monde en a plein les bottes et est crevé. Nous dînerons rapidement et irons nous coucher très tôt : demain matin, école pour moi et... montage du nouveau chapiteau (qui vient d'arriver), pour les autres !