J'ai fait un tour sur mon ex-360 pour récupérer 2 ou 3 bricoles et j'ai retrouvé entre autre cet article, écrit un jour de noir (comment ça vous avez l'impression que tous les jours sont noirs chez moi ? C'est totalement faux, parfois y'en a des gris sombres aussi).
Bref, voici un petit éloge de la nuit inspiré par un vieux tas de pierres qui s'obstine à me faire des clins d'oeil chaque matin.
C'est le soir. C'est vendredi. Je suis seul comme un chat noir et j'ai rien de spécial à faire (what a wonderful life comme dirait l'amis Louis) je m'en vais donc vous narrer un matin. C'est d'une logique imparable.
Un grand philosophe de mon époque disait "un matin, ça ne sert à rien". Je suis en totale osmose avec cette analyse. Je hais les matins. Le matin ce n'est pas le début d'une nouvelle journée comme beaucoup s'efforcent de le croire, mais c'est la fin de la nuit. Or la nuit est liberté, la nuit est rêve, la nuit est plénitude... bref, la nuit c'est le seul endroit/moment où on est vraiment heureux car c'est le seul endroit/moment où on est enfin détaché de tout.
Un grand philosophe de mon époque disait "un matin, ça ne sert à rien". Je suis en totale osmose avec cette analyse. Je hais les matins. Le matin ce n'est pas le début d'une nouvelle journée comme beaucoup s'efforcent de le croire, mais c'est la fin de la nuit. Or la nuit est liberté, la nuit est rêve, la nuit est plénitude... bref, la nuit c'est le seul endroit/moment où on est vraiment heureux car c'est le seul endroit/moment où on est enfin détaché de tout.
En même temps, la nuit c'est ce qui se rapproche le plus de la mort. On s'endort le soir, et notre corps en profite pour échapper à notre conscience, ou l’inverse plutôt. Et notre conscience s'en va on ne sait où. Elle en revient avec des images plein la tête et totalement apaisée. Notre corps, après cette séparation provisoire en sort reposé et renforcé. La nuit, c'est le bonheur. Du coup, la mort aussi ? Peut être...
Et le matin, c'est la fin de tout ça. C'est la fin du bonheur, c'est le retour douloureux à la lumière et à la triste réalité. C'est comme une naissance sauf que cette fois, on est prévenu de ce qui nous attend. On devrait hurler de terreur, de rage et de révolte chaque matin à l'idée de devoir se lever et de vivre une nouvelle journée. (Là, vous imaginez bien comme je suis simple et agréable à vivre ?) Et parfois, il faut bien l’avouer, la seule chose qui me pousse à la vivre cette journée c'est de savoir qu'après le jour vient toujours la nuit.
J'ai cherché à lutter contre cet état de fait, j'ai cherché à ressembler à ces types qui ouvrent un gel douche à la télé et se mettent à chantonner et à danser en pensant à la journée parfaite et merveilleuse qui les attend. Mais rien n'y fait. Je hais les matins et chaque lever est un supplice annoncé et renouvelé.
La seule grâce que j'ai trouvé à mes matins désenchantés c'est lorsque je me retrouve dans ma voiture, sur la route monotone du labeur quotidien (et non moins monotone). A un point de mon trajet, tout en haut d'une longue côte s'élève une église isolée. Elle est entourée de grands ifs et d'un vieux cimetière. Cette église n'a rien d'exceptionnel, c'est un bâtiment massif et rustique qui a dû servir de refuge fortifié plus d'une fois dans sa longue histoire, mais cette solide bâtisse est plein Est par rapport à mon chez moi. Donc, si vous suivez bien, le soleil se lève derrière elle.
Lorsque je la vois se profiler à l'horizon, elle n'est jamais semblable à son image de la veille. Parfois masse sombre qui se découpe sur un ciel rose vif, parfois illuminée et traversée de part en part par les rayons d'un soleil déjà brûlant, parfois nef grise et fantomatique qui émerge à peine de la brume, cette église me réserve chaque matin un visage différent.
Ca dure quelques dizaines de secondes. Le temps que ma voiture grimpe la côte. Le jour où je regretterai trop ma nuit perdue, je crois que je m'arrêterai sur le bord de la route pour la contempler, tranquillement, tout le jour durant. Et ce sera sûrement ma meilleure journée.
Sur ce, bonne nuit. Et ne pensez surtout pas au matin.
L'église que je croise est juste un peu plus "rustique" mais c'est tout à fait dans l'esprit.
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