"Elle excelle à ramasser en une phrase chargée de sous-entendus ravageurs toute une indignation, une haine palpable des lendemains qui chantent et du communisme réel, et tout cela repose, à l’évidence, sinon sur une expérience vécue – l’auteur est trop jeune –, au moins sur une expérience contée par des proches, et qui pèse encore de tout son poids sur le coeur."
Peut-être y a-t-il une part de vrai dans ces trois explications possibles, mais, quoi qu'il en soit, tout laisse penser que le savoir de Ling Xi en la matière est basé sur le ouï-dire, dépourvu de références :
“Au départ, une langue n’est pas plus universelle qu’une autre. Elle le devient à force de textes qui épousent sa singularité. Voilà ce qui a fait défaut à l’esperanto.“
N'est-ce pas en écrasant ou en asphyxiant les autres qu'une langue devient "plus universelle" ? La diffusion de l'espéranto dans le monde ne doit rien à des tentatives de domination, à l'annexion de territoires par la force, à des expéditions militaires sanguinaires. Il n'a jamais tiré profit de la violence. Au contraire, il en a terriblement souffert. L'ambition de l'espéranto est d'offrir aux locuteurs des langues les plus diverses un moyen neutre d'échanges conçu pour jouer ce rôle, ce qui n'est le cas d'aucune autre langue vivante. Chacune d'elles répond aux besoins des habitants d'un espace géographique déterminé. Sans distinction d'appartenance linguistique, raciale, nationale, ethnique, religieuse ou philosophique, l'espéranto répond aux besoins des Terriens qui ne sont pas empêchés d'y accéder par la censure, les tabous, les chicanes, les pressions ou diverses formes de malveillance.
Une langue ne peut être universelle à partir du moment où elle appartient à une nation ou à un groupe de nations pour lesquelles il n'y a pas nécessité d'apprendre une langue étrangère avec tout ce que cela représente comme contraintes humaines, financières et matérielles. Lorsqu'une langue nationale s'impose d'une façon ou d'une autre, par la force ou par des pressions, c'est une langue hégémonique, voire impérialiste.i L'espéranto exige un partage équitable d'un effort moindre pour tout le monde.
Très nombreuses sont les langues qui ont été interdites, censurées, persécutées, qui ont disparu ou qui sont en voie de disparition par manque de moyens humains, financiers et matériels, parce que la priorité est donnée aux langues dominantes. L'espéranto a souvent vécu dans la clandestinité tout comme d'autres langues telles que le polonais et le lituanien. En Chine, sa propagation a été entravée sous le régime de Tchang Kaï-chek. Le pire moment a été la Révolution culturelle. S'il est vrai que l'espéranto a pu survivre en Chine, c'est surtout grâce à l'empreinte que lui ont donné Cai Yuanpeiii, ministre de l'éducation de la brève république de Sun Yatsen puis recteur de l'Université de Pékin, et aussi des grands écrivains tels que Lu Xun cité plusieurs fois dans l'article de Ling Xi et aussi Pa Kin qui ont tous les deux marqué la littérature chinoise. iii
Psychologue de l'Université de Columbia, spécialisé dans les questions d'éducation, le professeur Edward Thorndike avait pu constater, en 1929, qu'il y avait en URSS plus de citoyens soviétiques qui parlaient l'espéranto que l'allemand. L'Allemagne et l'URSS furent les deux pays où il fut le plus persécuté, presque anéanti. En 1931, il existait de nombreux cours radiophoniques au Japon (Enciklopedio de Esperanto, p. 696) et le météorologiste Ōishi Wasaburō avait déjà publié ses travaux sur les courants-jets en espéranto. La folie du régime impérial a anéanti des décennies d'efforts. En regard des obstacles qu'il a dû surmonter — y compris les contre-vérités affichées encore de nos jours et y compris dans l'article en question —, et de l'absence de moyens mis à sa disposition par les États, c'est une langue qui a démontré sa vigueur et sa vivacité. Elle s'est hissée par ses propres moyens au niveau de 27e langue de Wikipedia et au 15e pour les tweets enregistrés dans les heures qui ont suivi la mort de Steve Jobs. Le silence des grands médias n'y change rien : l'espéranto progresse à l'insu de la majorité des citoyens très mal informés tant sur les problèmes linguistiques que sur l'espéranto.
Enfin, l'espéranto ne manque pas de singularité. Il est même particulièrement singulier puisque c'est la seule langue passée de l'état d'un très modeste projet — une brochure de quarante pages accompagnée par une liste de moins de mille mots et affixes — à une langue vivante aujourd'hui très utilisée, ce que peut confirmer n'importe quel moteur de recherches. Et l'ensemble de textes écrits dans cette langue, c'est-à-dire sa littérature, est constitué par des apports d'une variété infinie du point de vue de l'origine nationale, ethnique, raciale, philosophique ou religieuse des écrivains.
"Une langue sans passé conçue pour être extrêmement simple, parfaitement régulière, réduite à sa pure fonction de communication, est par définition utopique."
Ling Xi livre une excellente occasion de paraphraser Corneille : "Mais aux langues bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années". Le professeur Umberto Eco a qualifié l'espéranto de "langue construite avec intelligence et qui a une histoire très belle". (“L'Événement du Jeudi”, 1994)
Aucune des personnes qui ont traité l'espéranto de langue morte ou mort-née n'a vécu plus longtemps que cette langue qui fêtera ses 125 ans en 2012. C'est le seul projet de langue construite, parmi plus de 900, parvenu à l'état de langue vivante. Sa valeur a été reconnue en 1922 dans un rapport de la Société des Nations, en 1954 et 1985 par des recommandations de l'Unesco, en 1993 comme langue littéraire par la plus grande organisation internationale d'écrivains admise au sein de l'Unesco — le PEN-Club International. 125 ans, c'est déjà un bel âge.
Des langues ont subi des modifications et réformes tout à fait artificielles, une sorte de toilettage plus où moins important. En espéranto, il était plus facile de faire un choix des racines en fonction de leur degré d'internationalité et de leur adéquation. Le mot "bird" convenait nettement mieux, par exemple, pour désigner un oiseau, ce mot étant parfaitement inutilisable du fait que, pour une langue phonétique, aucune de ses lettres ne correspond à son épellation normale. Fondateur de la sémantique, Michel Bréal avait écrit dans la "Revue de Paris" (n° 14, 1901) :
"Ce sont les idiomes existants qui, en se mêlant, fournissent l’étoffe de la langue nouvelle. Il ne faut pas faire les dédaigneux ; si nos yeux, par un subit accroissement de force, pouvaient en un instant voir de quoi est faite la langue de Racine et de Pascal, ils apercevraient un amalgame tout pareil […] Il ne s’agit pas, on le comprend bien, de déposséder personne, mais d’avoir une langue auxiliaire commune, c’est-à-dire à côté et en sus du parler indigène et national, un commun truchement volontairement et unanimement accepté par toutes les nations civilisées du globe.”
Antoni Grabowski. Le premier concours littéraire eut lieu en 1896. Voir : "
L'espéranto n'avait pas exclusivement la fonction de communication comme objectif. Zamenhof commença à constituer la "Bibliothèque de la Langue Internationale" en 1894, soit sept ans après avoir publié le premier manuel de ce que l'on nomma plus tard l'espéranto du fait du pseudonyme de l'auteur. Il s'attacha très vite à lui donner une valeur littéraire et poétique. Le premier à l'avoir aidé en cela fut un grand polyglotte qui parlait une trentaine de langues, un amoureux de la poésie, L'espéranto au présent — Culture, littérature, Maisons d'édition". En outre, Zamenhof est le seul à avoir donné une âme à la langue dont il a proposé les bases. C'est ce qu'on appelle l'"idée interne".
Du fait qu'il est utilisé depuis longtemps dans le monde entier, l'espéranto a cessé d'être une utopie. Le professeur Umberto Eco, qui a été amené à l'étudier pour préparer un cours au Collège de France, l'a lui-même reconnu. Ce cours est paru en 1994 sous la forme d'un livre paru au Seuil : "La recherche de la langue parfaite".
Le premier manuel d'espéranto est paru pour les russophones en 1887 sous le titre "Langue Internationale", c'est-à-dire vingt ans après le premier volume du "Capital" de Karl Marx (1867), deux ans après le second volume (1885), et sept ans avant le troisième (1894), donc à la même période. Le manque d'attention à la philosophie de l'espéranto, aujourd'hui plus que jamais nécessaire, comme le montrent les événements actuels dans le monde, a mené aux tragédies que l'on sait.
La langue des records
"Sans une littérature propre, elle n’est qu’une addition de vocables et de règles dénuées de charge affective, guère différente du langage mathématique ou du morse."
Sur quoi se base cette affirmation ? Sur quelles références ? L'espéranto a une littérature originale et traduite. La traduction a énormément aidé à l'enrichissement de la langue par des apports étrangers lorsque cela s'est révélé nécessaire. L'espéranto peut être considéré comme la langue des records : l'un de ses premiers écrivains, Kazimierz Bein, se révéla être un brillant styliste en espéranto, et c'est seulement un an après avoir commencé son apprentissage qu'il put traduire et publier une oeuvre de la littérature polonaise, "Dno nędzy" (Le fin-fond de la misère / Fundo de l’ Mizero), de l'écrivain, ethnographe, député et sénateur polonais Wacław Sieroszewski.
"Mais pour pouvoir prendre racine en elle, la littérature aura indubitablement besoin d’exploiter ses fêlures, ses aspérités, repoussant ses limites, provoquant la tension, faisant éclater sa surface trop lisse qui lui refuse prise."
Ling Xi raisonne comme si l'espéranto était encore à l'état de projet, comme si nous étions encore en 1887 ou même 1897. La première préoccupation du Dr Zamenhof fut précisément de comparer ce qui était encore son projet avec les autres langues vivantes. Il en connaissait plus ou moins une bonne douzaine de divers groupes : germanique, latin, slave, sémitique. Il effectua lui-même des traductions, en particulier de l'"Ancien Testament" à partir de l'hébreu, et d'oeuvres de divers auteurs : russes (Gogol), polonais (Eliza Orzeszkowa), allemands (Goethe, Heine, Schiller), français (Molière), yiddish (Sholem Aleikhem). Il rédigea en outre une grammaire du yiddish.
"Dès lors s’écroule l’ambition initiale de son projet qui se propose d’en finir une fois pour toutes avec les particularités. Au lieu de supplanter la tour de Babel, elle s’y ajoute.“
Encore une fois, il y a lieu de se demander où Ling Xi est allée chercher de telles contrevérités. Il y a quelque chose de suspect en cela. Il n'y a cependant pas lieu de penser qu'elle est de mauvaise foi. Par contre, il y a lieu de supposer que cela a fait partie de l'enseignement qu'elle a reçu en français, que tout ceci lui a été inculqué, qu'elle y a cru de bonne foi. Le professeur Robert Phillipson, auteur entre autres de "Linguistic Imperialism" et de "Linguistic Imperialism Continued", avait reconnu, en 1996, alors qu'il avait participé en observateur au congrès mondial d'espéranto de Prague : "Le cynisme a fait partie de notre éducation". Et il est fort probable que Ling Xi ait été victime de ce même cynisme. Il y a en effet une curieuse continuité que révèle une recherche des origines de ce genre de comportement envers l'espéranto.
Ling Xi donne l'impression d'avoir ingurgité tous les clichés de la triste l'époque où le gouvernement français s'acharnait à étouffer l'espéranto à la Société des Nations, alors que la Chine avait été l'un des 12 États-membres qui, en septembre 1921, avaient déposé une proposition pour enseigner l'espéranto comme seconde langue dans toutes les écoles du monde. iv
En 1922, le ministre de l'instruction publique Léon Bérard, un antisémite qui devient ambassadeur de France au Vatican sous le gouvernement collabo de Vichy, alla jusqu'à interdire l'utilisation des locaux scolaires pour les cours d'espéranto. Toute cette argumentation fut reprise par les nazis à l'encontre de l'espéranto, et, là aussi, l'utilisation des locaux scolaires fut interdite pour les cours d'espéranto jusqu'au jour où les associations furent dissoutes et où les persécutions frappèrent les usagers de la langue. Sous l'Occupation, les activités pour l'espéranto ne purent avoir lieu que dans la clandestinité.
L'opposition la plus farouche est toujours venue du gouvernement français alors que le délégué britannique à la SDN, Lord Robert Cecil, avait exhorté la Commission de coopération intellectuelle de la SDN à “se souvenir qu'une langue mondiale n'est pas nécessaire seulement pour les intellectuels, mais d'abord pour les peuples eux-mêmes“. Il est connu aussi que le gouvernement français exerça des pressions pour que certains délégués votent contre la proposition des douze pays. Il y eut une consigne, en 1923, pour "écarter définitivement l'espéranto", mais des États-membres s'opposèrent à cette manœuvre honteuse.v Le secrétaire Général adjoint de la SDN, l'académicien japonais Inazo Nitobe, exprima pour sa part des regrets face à ce rejet injustifiable. Il en reste malgré tout un rapport en français et en anglais du secrétariat de la SDN tout à fait positif dont l'existence est restée inaccessible au grand public jusqu'à une époque récente :
L'espéranto comme langue auxiliaire internationale
Esperanto as an international auxiliary language
L'argumentation de Ling Xi ne manque pas de rappeler des cas où l'on trouve encore des influences françaises, celui du linguiste danois Blinkenberg et celui de l'académicien roumain Alexandru Graur. N'avons-nous pas là une simple répétition de préjugés et même de calomnies propagés pour nuire à l'idée de langue internationale équitable parce que anationale (non-nationale), non-impérialiste, durant la période où les visées des gouvernements français étaient encore colonialistes et même impérialistes ?
Alexandru Graur (1900-1988), avait traité l'espéranto d'"idiome amorphe, avec peu de chance de survie". Mort en 1988, un an avant Nicolae Ceaușescu, Graur a étudié et obtenu des diplômes en France, dans les années 1924-1929, à l' École des Hautes Études Pratiques et à la Sorbonne. Son influence a été très forte dans ce pays sous l'une des pire dictatures qu'ait connu l'espéranto.
Andreas Blinkenberg (1893-1982) avait tenté, en tant que délégué danois à la Conférence Internationale de l'Unesco, à Montevideo en 1954, de ridiculiser l'espéranto devant les autres délégués en disant que cette langue pouvait convenir tout au plus pour commander un menu uruguayen. Il n'avait probablement pas daigné visité la grande exposition mondiale sur l'espéranto qui avait eu lieu dans la ville à cette occasion. La presse uruguayenne se sentit offensée par ces propos malveillants et fit éclater le scandale. La Conférence vota finalement une résolution en faveur de l'espéranto. Curieusement, Blinkenberg avait étudié en France de 1919 à 1923, précisément à l'époque où l'espéranto fut attaqué. Ce linguiste danois fut l'auteur de dictionnaires français-danois et de quelques ouvrages en français.
Lionel Jospin, lorsqu'il avait visité Hong Kong après un voyage à Changhaï, en tant que premier ministre, le 30 septembre 1998, avait tenté de discréditer l'espéranto en le faisant passer pour une affaire oubliée non seulement devant des étudiants chinois, mais face à la Chine et au monde pour avoir plus d'écho :
"Nous avons finalement besoin d'une langue pour la communication universelle, et comme ça ne sera pas l'espéranto, un langage que certains avaient voulu inventer, à partir de toutes les langues, ce sera sans doute l'anglais."
Or, c’est précisément dans cette ville que cette langue s’était manifestée le mois précédent, du 5 au 12 août, dans le cadre du congrès International de la Jeunesse auquel avaient participé des jeunes de 30 pays avec l’espéranto comme langue de travail.
Bouthros Bouthros Ghali participa, la même année, à une émission de TV5. Curieusement, après un reportage sur l'espéranto, alors qu'il n'y avait pas d'espérantophones sur le plateau, l'un des participants, le cinéaste Costa Gavras, avait tenu des propos aussi violents qu'insensés contre l'espéranto sur lequel il ne savait visiblement que très peu de choses, parce qu'on lui avait fait croire qu'il visait à faire disparaître les autres langues, à devenir langue unique :
" Absolument, parce qu'une langue unique, c'est comme une religion unique ou comme une philosophie politique unique. Il faut vraiment la combattre parce que ça mène toujours à des catastrophes humaines, économiques et culturelles. Il faut donc plusieurs langues. Il faut que chaque pays ait sa langue et cette proposition de l'espéranto, je trouve aussi que c'est une proposition un peu absurde. Pourquoi une langue unique ? Il faut apprendre des langues. C'est un enrichissement culturel formidable. Pouvoir communiquer avec d'autres personnes dans leur langue..."vi
Ce ne sont là que quelques exemples de manipulations ignobles dont certains milieux sont coutumiers au "pays des Droits de l'Homme". Il serait donc utile de savoir sur quoi se basent les propos de Ling Xi. Qui lui a enseigné ou inculqué de tels mensonges ?
Enfin, pour ce qui est de cette langue qui "s'y ajoute" faut-il rappeler ces propos d'un sénateur des États-Unis rapportés par Hervé Lavenir de Buffon "Il y a 6000 langues dans le monde, 5999 de trop, l’anglais doit suffire." ("Europe : après la monnaie, la langue commune". "Le Figaro Magazine", 22 avril 2002).
Il a en outre affirmé avoir pris connaissance d'un rapport de la CIA qui, en 1997, laissait cinq ans aux États-Unis pour imposer leur langue comme seul idiome international "Sinon — selon la CIA —, les réactions qui se développent dans le monde rendront l'affaire impossible." Rien d'étonnant que la pression n'a cessé de se renforcer pour contraindre le monde à ne parler que l'anglais comme première langue. Voir à ce sujet le discours de propagande pour l'anglais fait le 17 janvier 2008 prononcé par Gordon Brown lorsqu'il était premier ministre britannique : “English - The World’s language“. (Vidéo). On voit bien ce qui se passe en France où une place prépondérante est de plus en plus fréquemment accordée à l'anglais destiné à devenir la langue unique.
Derrière l'espéranto, il n'y a aucune puissance étatique ou financière qui veut dominer le monde. Il n'y a que de la bonne volonté et l'esprit de solidarité et de fraternité dont le monde a besoin.
En conclusion
Ling Xi écrit aussi à propos de "Lu Xun, l'écrivain chinois de génie" :
“Lu Xun, qui ne parlait couramment que le japonais comme langue étrangère, s’est bravement attelé, à grands coups de dictionnaires, à la traduction d’une centaine d’écrivains de quatorze pays, dont Jules Verne.“
Il se trouve que Lu Xun avait soutenu le recteur de l'Université de Pékin au début des années 1920 pour introduire l'espéranto au programme d'enseignement. Le génial écrivain avait en outre écrit :
"L ors de chaque participation à une rencontre internationale, je sens la nécessité d'une langue commune pour tous les hommes, alors que des personnes de divers pays veulent faire connaissance et entrer en relations les unes avec les autres. L'espéranto m'a plu depuis longtemps. Voici plus ou moins de vingt ans, je l'ai traité avec beaucoup de faveur. La cause est très simple. Premièrement, parce qu'à l'aide de l'espéranto on peut unir des hommes divers; deuxièmement, principalement dans ma propre profession, je pense qu'à l'aide de la langue internationale on peut échanger des œuvres littéraires avec tous les peuples, et, finalement, parce que j'avais moi-même des connaissances espérantistes qui étaient moralement supérieures aux autres hommes par l'absence d'hypocrisie et d'égoïsme."
Il peut être utile de préciser que c'est en Chine, en 1912, sous la république de Sun Yatsen, voici bientôt cent ans et pour la première fois au monde, que l'espéranto fit l'objet d'un décret d'introduction dans les écoles normales par le ministre de l'éducation Cai Yuanpei.
En 2011, bientôt 2012, ces phrases d'un grand nom de la linguistique, Edward Sapir (1884-1939), sont toujours valides :
"La résistance contre une langue internationale a peu de logique et de psychologie pour soi. L'artificialité supposée d'une langue comme l'espéranto, ou une des langues similaires qui ont été présentées, a été absurdement exagérée, car c'est une sobre vérité qu'il n'y a pratiquement rien de ces langues qui n'ait été pris dans le stock commun de mots et de formes qui ont graduellement évolué en Europe."vii
Notes
i. Vidéo "Ling Xi - "Un coup de foudre pour la langue française".
i. Robert Phillipson :
- "Linguistic imperialism". Oxford : Oxford University Press. 1992.
- "Linguistic imperialism continued". Oxford : Londres : Routledge. 2010.
ii. Il peut être utile de préciser que c'est en Chine, en 1912, sous la république de Sun Yatsen, voici bientôt cent ans et pour la première fois au monde, que l'espéranto fit l'objet d'un décret d'introduction dans les écoles normales par le ministre de l'éducation Cai Yuanpei. Article en espéranto : "Cai Yuanpei — Esperanto" 1912-2012".
iii. Pour plus de détails : (en anglais : PDF) Ulrich Lins : Esperanto as language and idea in China and Japan.
iv. Albanie, Belgique, Tchécoslovaquie, Finlande, Chine, Inde, Japon, Colombie, Perse, Roumanie, Afrique du Sud et Vénézuéla.
v. Ulrich Lins. "La danĝera lingvo". Gerlingen : Bleicher. 1988.
vi. Deux documents :
vii. "Encyclopaedia of Social Sciences", 1950, volume IX, page 168.
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