J’ai attrapé la fièvre à l’aube d’un hiver.
Je m’étais crue guérie, je vivais un enfer.
La douleur revint me terrasser avec ardeur.
J’ai attrapé alors la peur lovée au ventre.
Je n’osais croire et me suis mise à l’attendre.
Pourtant, son retour était vain et illusoire.
J’ai attrapé l’espoir au regard d’un amour
Qui me semble aujourd’hui si dérisoire.
Ses yeux bleus qui mentaient sans détours
Comme caresses d’un soir sur ma peau velours.
J’ai attrapé chacune comme feuilles de bonheur
Sans trace de rancune où se versaient mes pleurs.
Puis, j’ai tourné la page et éteint ma douleur,
Séché mes larmes amères et caché ma peine.
La joie a refleuri et mes sourires reviennent.
Reste une petite flétrissure, un voile très léger.
Depuis, j’ai attrapé la vie un jour d’été.
Des yeux ronds et d’un noir de suie se sont posés
Innocents, désarmants et pourtant si charmants.
Deux petits bras tout doux m’enserrent jubilants
Avec la joie de caresser sa Grand-Maman…
©Valériane
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