Ai-je eu un jour vingt ans, ou l’ai-je rêvé ?

Sont-ils dans mes souvenirs ou dans ma poésie ?

Ils auraient dû, radieux, survivre et s’achever


En bulles de lumière qui s’envolent bénies.

De tant de douceur, il ne m’est rien resté

Qu’une saveur amère et bien vite étouffée.

La jeunesse passe vite quand de ces fleurs

On n’a vu ses couleurs, ni humé ses senteurs !


Je ne songeais pas qu’un jour cela pu finir.


Je croyais alors à un grand et merveilleux avenir.

J’ai perdu tant de trésors qui hantent ma tristesse

Au long des heures enfuies de ma jeunesse.



Je me souviens d’un pays enchanté qui fut le mien,


Quand les jours costumés s’habillaient d’innocence,

Quand nos vies, mon frère, éclataient en de joyeux matins,

Mais tu ris et vis désormais avec ta seule insouciance.



Ils ne peuvent revenir et pour toi j’en garde la mémoire.


Les images défilent parfois certains soirs de cafard.

Je me blottis alors au creux d’un songe dérisoire

En m’évadant vers ces rivages jusqu’au levant blafard…


©Valériane