Je me souviens de ces instants de bonheur en famille.
Les beaux jours étaient là et nous voulions simplement profiter de nos congés payés .

Paulo et moi, nous étions partis en vélo en promenade avec nos compagnes et nos enfants. Profiter du beau temps pour passer une journée sur la plage mais, surtout, pour oublier notre quotidien maussade et nos problèmes d'argent. Mais qu'importe, je me souviens surtout qu'il fallait vraiment en profiter.

Mon ami Paulo venait de perdre son travail mais, pourtant, il était si heureux d'être à nouveau papa.
Nos enfants s'étaient enfin assagis mais ils étaient surtout contents, je crois, de nous voir souriants et apaisés.

Je ne saurais dire si c'était ce lieu, cette plage dorée, ce soleil chaud ou tout bonnement de voir nos femmes emmaillotées. Je ne sais pas. Paulo et moi, nous restions là debout, dociles, dans nos pensées. Nous paraissions alors si coincés.

Je ne saurait dire si c'était le moment, s'il fallait ou non profiter de l'instant présent. Nous savions surtout que les nouvelles n'étaient pas bonnes mais que, pour une fois, nous ne voulions pas y penser.

Profiter. Oui, profiter de la vie, de nos femmes amoureuses et de nos enfants adorés. Oublier cet avenir en pointillé que l'on voudrait tant pouvoir nous dessiner ...

Notre pique-nique, lui, étaient prêt. Le pastis bien au frais. Les beaux jours étaient là et nous voulions vraiment en profiter.



Novembre 2012