Tu te souviens Maman comme nous étions heureux. Oui, heureux et insouciants, ma famille et moi, entourés de nos proches et de nos amis. Heureux de vivre de notre terre et de pouvoir offrir du bonheur et un avenir à nos enfants.
Il a pourtant suffit de peu de choses mais surtout d'une succession de circonstances et de mauvaises conditions météorologiques.
Des intempéries qui ont mis à mal la cohésion sociale et la solidarité dans notre village.
La famine était là. Elle était venue s'installer chez nous, dans nos campagnes.
Elle allait conduire beaucoup de nos frères à aller chercher un travail et de la nourriture dans les grandes fermes et les bourgs de la province voisine.
Des tensions et des rancœurs sont alors apparues et il a fallut, pour nous, admettre et accepter l'existence d'un régionalisme rampant.
L'hiver arrivait lui à grand pas et nous, nous étions, de nouveau, seuls et isolés dans nos villages, à la merci de la misère et de la maladie.
Malgré nos réticences, on était alors tous en attente et à la merci de ces politiciens du dimanche qui nous promettaient de l'espoir et un avenir rassurant.
Pourtant, ce sont les mêmes personnes que nous avions élu qui nous ont fait comprendre que nous n'étions pas comme eux, pas de leur famille, qu'il fallait partir, rendre nos terres et quitter le pays …
On ne savait pas bien ce qui se passait alors mais ils ont su, eux, nous le faire comprendre ...
C'était il y a quelques jours et des kilomètres de marche dans la neige et le froid.
" Quand nous arrivons au fleuve, il y a un pont. Des blocs de glace à la dérive reflètent la lumière de la lune. Nous nous mélangeons à d'autres fuyards chargés de paquets, de brouettes, de vieux matelas, et nous traversons.
- Tu verras comme c'est beau de l'autre côté me souffle Gloria. Nous sommes libres, Koumaïl, et la terre est si vaste ! " ***
- Libres peut-être Gloria mais pour quels sacrifices ? On était pourtant si heureux ...
- C'est vrai Koumaïl, on ne pourra jamais revenir en arrière et rien, non rien ne sera plus jamais comme avant…
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A partir de l'extrait ***
du roman d'Anne-Laure Bondoux
"le temps des miracles"
aux Ed. Bayard
Je prends note aussi
Merci Calinou
Bisous
Câlinou has replied to Krisonteme clubUn simple extrait (en italique)
du roman de A-Laure Bondoux
et puis décider. Décider de faire une
suite prolonger ce récit ou alors
essayer de comprendre pourquoi
ces gens en étaient en arriver là
Merci Krisontème
Câlinou has replied to M@rie ♥ ♥Ce court extrait m'a séduit mais
m'a aussi déstabilisé.
Des prisonniers, des rebelles ...
Trouver une suite ou une introduction
m'ont fait perdre les quelques cheveux
qui me restent (sic) mais
le résultat est toujours surprenant
Bisou
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