Jeudi le montage est un peu particulier puisqu'il n'y a pas le chapiteau. "Ah, tranquille alors ! " me direz-vous... Eh bien pas du tout ! C'est justement beaucoup plus long (bien que sans doute moins intensif physiquement), car il y a tout un tas d'adaptations à faire, notamment au niveau du son et de la lumière, qui seront le gros chantier de la journée. Pendant la récréation je vais dans le cirque pour prendre quelques photos. En bas, ils installent les projecteurs sur les... euh... trucs métalliques (je ne connais pas le terme exact!) qui ont été descendus à un mètre du sol, et qui seront remontés ensuite.


Le nombre de câbles qui rattachent la structure au plafond est impressionnant, et vous pouvez admirer par la même occasion la beauté du lieu.

Pendant ce temps-là, dans le coin des loges, Hélène s'étire et Bruno est bien content de pouvoir bosser sur un ordinateur dans un lieu à peu près chaud, où il a de la place et ne gêne personne... et en plus il est juste à côte de la bouilloire et de la machine à café, luxe suprême !

J'en profite également pour vous montrer la belle charriotte de Carole et Gino, rénovée par ce dernier : assortie à leur caravane grâce aux plaques métalliques, dans des tons argent et or... ça ça va claquer pour aller vider les toilettes ! XD


Je retourne ensuite voir les enfants, que j'ai laissés dans le petit parc juste à côté des caravanes : je les retrouve fort affairés autour des arbres...


Et en m'approchant, je comprends mieux...

Leur passion pour les gendarmes est toujours vivace, voilà qu'ils se sont mis en tête d'en mettre plein dans une petite boîte en paille... miam miam...

Comme vous le savez je ne suis pas une grande amie des insectes, ils auront donc droit à une inspection de décontamination en bonne et due forme avant de rentrer en classe ! (et j'aurai raison, puisque j'en enlèverai quatre ou cinq des pantalons, des pulls ou des cheveux...)
Une fois n'est pas coutume, j'ai prévu de faire la sortie d'Amiens dès le premier jour d'école : lundi et mardi il y a des spectacles, au départ je pensais la faire vendredi mais Bruno a rendez-vous avec un copain... et c'est lui mon chauffeur, puisque je me refuse toujours à conduire le bus de Mamie Monique en ville !
Après le repas (vu le beau temps j'aurais bien aimé pique-niquer là-bas mais nous sommes en basse saison et ça n'ouvre qu'à 14h), nous voici donc partis en direction de Naours, à 17 kilomètres d'Amiens.

Je dois avouer que j'ai un peu hésité sur cette visite, les critiques que j'avais lues sur internet étant parfois très mauvaises et le prix de l'entrée un peu élevé. Cependant, en m'y penchant d'un peu plus près, une seule critique se plaignait du guide, toutes les autres concernaient le restaurant (très cher et pas bon) et les toilettes (sales). Comme je n'ai pas prévu d'y déjeuner et que nous sommes hors saison (donc beaucoup moins de monde), je pense que nous saurons survivre ! Je croise donc les doigts pour ne pas me planter et que ce lieu soit aussi intéressant qu'il en a l'air.
Pour le coup nous n'aurons pas de "vrai" guide, car ils sont équipés en audioguides : il y a des versions adulte et des versions enfant, ce que je trouve drôlement bien pensé. Et en effet, les petits auront l'air d'accrocher à la présentation un peu plus ludique qui leur est réservée !






Nous entamons la descente (nous serons à 33 mètres au-dessous du village en moyenne)... et à partir de là désolée pour la piètre qualité des photos, mais le flash était interdit, j'ai donc fait ce que j'ai pu !

Il existe en Picardie un certain nombre de "muches" ("cachettes", en picard), utilisées pour se dissimuler des ennemis. Naours a la particularité d'être une véritable cité souterraine, avec un réseau de galeries de plus de 2 000 mètres ! Son histoire est ancienne : dès les II ème et III ème siècles, on commence à creuser ces galeries pour à la fois construire le village avec les pierres récupérées, et échapper aux invasions barbares. D'autres invasions (les invasions normandes), au IX ème siècle, pousseront les villageois à y faire un certain nombre d'aménagements, avec notamment des "chambres" numérotées (plus de trois cents au total!) pouvant accueillir des familles entières.

Elles se ressemblent toutes mais j'ai bien du mal à ne pas rentrer dans chacune (c'est Bruno qui finit par me dire "Euh... C'est pareil partout, Céline, si tu continues on va rentrer à minuit" ! )
Il faut dire ce qui est : les enfants sont aussi très impressionnés par le lieu dont l'atmosphère les séduit... et fait aussi un peu peur à certains, qui restent bien près de Bruno ou de moi !
J'imagine sans mal l'excitation du curé de Naours, Ernest Danicourt, lorsqu'il a trouvé, à la fin de l'année 1887, l'entrée du site rebouchée depuis des décennies (les inscriptions visibles sur les murs s'échelonnent de 1340 à 1792) . Il s'est ensuite consacré à l'exploration et à la remise en état du lieu, aidé par ses paroissiens
Il y a quelques lumières tout au long de notre chemin et la personne qui nous a accueillis nous a donné une lampe de poche qui nous permet de mieux observer certains détails, comme ces anciennes lampes à huile :

Je peux aussi montrer de façon un peu plus claire aux enfants les parois, qui présentent une alternance de roches calcaires et de silex :




Nous verrons même, à un endroit, un beau fossile pris dans la roche.

Ce qui est assez terrible, c'est que nous sommes carrément seuls ! Heureusement que les enfants sont là, sinon j'aurais peut-être été moins sage et me serais aventurée au-delà de certains panneaux "sens interdit" ! Notamment dans cette "Galerie du trésor", où ont été découvertes en 1905 une vingtaine de pièces d'or... Qu'est-ce que j'aimerais qu'on m'autorise à venir creuser dans ces galeries, je suis sûre qu'il y a encore plein de choses à découvrir !

Après les chambres, nous continuons notre visite pour découvrir qu'il existait une multitude d'autres salles, aux fonctions bien particulières. Gabrielle est particulièrement impressionnée par une grande chapelle, qui pouvait accueillir (si mes souvenirs sont exacts) 400 personnes.



Sur le mur sont gravés les signes de l'alpha et de l'oméga. Ils symbolisent l'éternité du Christ, qui est "au commencement de tout et jusqu'à la fin du monde".

Diverses croix et symboles chrétiens se retrouvent d'ailleurs un peu partout dans la cité.




Nous sommes en tout cas très impressionnés par l'ingéniosité mise en oeuvre pour tromper l'ennemi. Tout d'abord, dans une grande salle, en levant les yeux, nous pouvons observer... un gros rond de plancher !

Les audioguides nous expliquent qu'un jour, un éboulement a eu lieu à cet endroit. Après avoir déblayé des tonnes de roche, les villageois se sont donc retrouvés avec un grand espace à découvert. Pour le dissimuler, ils ont construit au-dessus une chapelle factice, dont le plancher servait à dissimuler cet accès.
Nous continuons notre chemin : pour sortir de cette salle, il ne faut pas être trop gros !

Nous découvrons un peu plus loin que la cité possédait aussi ses places publiques, avec notamment une "Salle des fêtes", dans laquelle on peut observer une sorte de grande table... qui servait en réalité à découper les animaux, dont le sang s'écoulait grâce aux rigoles qu'on peut y voir.



Eh oui, car les villageois emmenaient leurs bêtes avec eux ! Il y avait ici bergeries, étables...

Nous verrons même un entassement d'os... tous provenant d'animaux, pas de panique !

En revanche, par là... je ne sais pas ! XD

Un peu plus loin, nous tombons sur la "Place des Anciens", avec un monument érigé en l'honneur des archéologues qui ont participé aux fouilles.

Une autre salle nous marquera particulièrement : celle du "piège".


On nous explique que les enfants, qui connaissaient par coeur les souterrains et étaient petits et rapides, se voyaient chargés d'entraîner les ennemis jusque là lorsqu'ils avaient réussi à pénétrer dans la cité souterraine. Les ennemis couraient après les enfants, leur arrivée était entendue grâce aux graviers placés ici. Les enfants pénétraient dans une sorte de goulet d'étranglement, très étroit et surtout bas de plafond. Les ennemis progressaient beaucoup plus lentement que les enfants, obligés de se plier en deux et risquant de se cogner la tête aux parois, de plus ils étaient obligés d'avancer un à la fois. A la sortie du petit tunnel les attendaient les villageois, qui pouvaient ainsi les mettre hors d'état de nuire sans prendre trop de risques. Comme la photo suivante le montre, les enfants passaient sans problème... mais Bruno et moi avons du nous baisser un peu !

Autre preuve de leur ingéniosité : les conduits de cheminée. Il y avait en effet des cheminées (pas pour se chauffer, la température étant constante, à 10°C ! ) qui servaient notamment à préparer les repas. Des conduits rejoignant le sol permettaient d'évacuer les fumées, mais il ne fallait pas que celles-ci trahissent l'emplacement exact de la cachette. Ainsi avaient-ils imaginé un dispositif de conduits dérivés, permettant d'évacuer les fumées plus loin. Pour l'une d'elle, la fumée ressortait par... la maison du meunier ! Pas bête !





Avant de ressortir, nous passons par un petit musée des anciens métiers picards.










Les enfants seront particulièrement impressionnés par la "Tireloteuse", qui vendait des tickets de loterie... l'ancêtre de la Française des Jeux, quoi ! XD

Pour ma part, je découvre une machine qui avait son utilité en temps de famine : la "batteuse à sacs", dans laquelle on battait les sacs de farine pour récupérer la moindre petite poussière permettant de se nourrir.

Nous ressortons bien contents de notre visite : je vous conseille vraiment ce lieu, particulièrement en basse saison pour en profiter égoïstement et se sentir seul au monde !
En haut, deux scènes avec des mannequins témoignent de son importance lors des deux guerres mondiales : hôpital militaire pour soldats anglais et canadiens entre 1916 et 1918, et utilisé comme base défensive et entrepôt à munitions par les soldats allemands à partir de 1941.


Nous passons devant une volière dans laquelle les enfants admirent des paons :

Puis direction les jeux situés juste à côté, pour un petit moment de détente et un bon goûter avant de repartir. Merci, au passage, aux amis de Carole et Gino qui nous avaient offert ces biscuits je ne sais plus quand : nous nous sommes régalés !


L'aire de jeux plaît beaucoup aux enfants, et particulièrement les "roues de hamster". On ne dirait pas comme ça, mais c'est super balèze de trouver un rythme, et il n'y a qu'Augustin qui maîtrise vraiment la chose. Je tente le coup parce que ça a l'air marrant, mais pour une fille qui manque de coordination comme moi... vous imaginez bien le résultat ! Bruno essaie aussi, il ne tombera pas comme moi mais il s'aperçoit également que c'est plus compliqué que ça en a l'air (surtout quand les enfants décident de rentrer dans la roue eux aussi!).















Nous repartons enfin en direction du cirque, et devinez un peu qui est en train de prendre son bain lorsque nous arrivons ?...

"Mais qui est ce paparazzi qui use de mon image sans mon consentement ?! Chacun a droit à son intimité, non ?!" XD


Je me remets assez vite au boulot, mais à 20 heures j'ai juste fini les préparations pour Léon et Augustin... Non, ne pas pleurer... Heureusement c'est un peu plus rapide pour les quatre autres, mais voilà encore une soirée où Bruno ne m'aura pas trop vue !