Cette fois ça y est, le papier est envoyé, plus moyen de faire marche arrière...

J'ai demandé ma réintégration dans l'Education Nationale pour l'année prochaine ! Sans regrets (je savais bien que je ne ferais pas ça toute ma vie, et puis j'avais aussi envie de retrouver une vie un peu plus "posée")... mais avec quand même un petit pincement au coeur ! D'autant plus que j'ai l'impression que la vie dans les écoles s'est bien détériorée ces trois dernières années, et que je risque d'avoir quelques petites surprises... Un exemple en passant, comme on pourrait sans doute en trouver des milliers : pas très loin de chez moi se libère un poste qui ferait rêver n'importe qui --> une classe unique, du CP au CM2, donc, avec ... (roulements de tambours) ... 28 élèves ! Eh oui, auparavant il y avait deux classes, mais c'est vrai, il y a trop de fonctionnaires, un enseignant pour presque trente enfants de 6 à 11 ans c'est laaargement suffisant, ça me semble évident. Rigueur ! Chasse aux feignasses et à l'argent de l'Etat honteusement dilapidé !
Prochain problème à résoudre pour les CM2 de cette classe de rêve : avec les 259,5 millions d'euros payés pour le fameux "Airs Sarko one", combien d'enseignants aurait-on pu rémunérer sur quarante ans ? De combien de classes aurait-on pu éviter la fermeture ? Et avec juste le coût des rideaux électriques sur les hublots ? (2,24 millions d'euros) ? Ou même seulement les deux fours ? (75 000 euros) Allez, arrêtons ici le mauvais esprit et partons donc à Amiens... pour patienter jusqu'au joli mois de mai ! XD
Le grand départ est prévu à 9 heures, nous sommes arrivés la veille avec Bruno. C'est compliqué de se mettre ensemble dans un véhicule, je monte donc avec Sylvie et lui avec Bernard : c'est bien, comme ça nous ne serons jamais trop loin et je suis sûre qu'on déjeunera ensemble ! (eh non, je ne dis pas ça par pur romantisme : c'est juste lui qui a le sac de pique-nique !)
Je m'aperçois que je commence à bien connaître certaines routes : ce paysage vous dit-il quelque chose ?...

Eh oui, ce petit refuge, je l'ai déjà pris en photo un certain nombre de fois !

Un bâtiment que je n'avais jamais remarqué, en revanche, c'est celui-ci :

Regardez bien son toit de près :

Une surface de panneaux solaires assez impressionnante !
Pour la pause déjeuner nous n'avons pas pu trouver d'aire d'autoroute : coincés entre deux tronçons d'autoroute, sur une nationale, nous trouverons finalement un jooooli parking... que voici, avec déchets divers et variés traînant un peu partout, sol lunaire et tempêtes de poussière :







Avec Bruno et Jean nous allons nous abriter près d'un restaurant... abandonné... Bon, ça ne fleure pas la vie, par ici...




Allez, j'arrête de noircir le tableau, c'était juste pour être désagréable ! Voyez par exemple ces jolies petites fleurs : dans l'herbe ou dans les arbres, la nature revit !


Nous rejoignons ensuite le "camp Morallès" pour le café.

Et là, au détour d'un camion : surprise ! Ils se sont carrément sorti tables et chaises pour déjeuner ensemble sur le parking !

Nous ne traînons pas trop longtemps, le temps de prendre en photo le troupeau de camions et c'est reparti !


La route est assez longue (un peu plus de 360 kilomètres) mais le temps passe très vite : voilà plus d'un mois que nous n'avons pas papoté avec Sylvie, on en a des choses à se raconter ! Seul passage un peu difficile de cette route : le "carrefour de la mort", avec nécessité de tourner à gauche, feu vert très court, multiples croisements de routes, et second feu vingt mètres plus loin ! (vous verrez ci-dessous l'agencement de ce carrefour, avec à droite le feu "5 secondes au vert, 5 minutes au rouge", et à gauche, devant le camion de Bernard, le second qui rebloque ceux qui auraient réussi à passer !)

Autant vous dire que les camions passent un par un, et que ceux de devant devront rouler trèèès lentement pendant un certain temps avant que tout le monde ne rattrape le convoi !
En tout cas il fait très beau et c'est un plaisir d'être sur la route par ce temps. Voici quelques photos du voyage, avec en vrac : un restaurant au nom évocateur, un drôle de château d'eau en forme de vase, des paysages urbains plus ou moins beaux, des chevreuils qui courent dans un champ, de jolis arbres, un camion en haut d'un toit, un graph qui me fait rire même si je ne le comprends pas, le nom Chambourcy qui me plaît toujours autant (je sais, je vous l'ai déjà mis lors d'une tournée précédente)... et nous voici à Amiens !













Ici heureusement les avenues sont bien larges (une trace de la guerre je suppose), et nous arrivons sans encombres jusqu'au cirque Jules Verne.


C'est dans le cirque en dur, en effet, que se dérouleront les spectacles : pas de chapiteau cette fois-ci !
Mais il ne suffisait pas d'arriver jusqu'au cirque : encore faut-il maintenant rentrer tous les camions et les caravanes. Et, pour commencer, il faudra déjà déplacer deux voitures stationnées qui nous empêchent de rentrer sur le parking... La police rentre en action, déplaçant la première voiture à l'aide d'un petit plateau roulant... et pour la seconde, qui aura moins de chance, ce sera carrément la fourrière...



Pendant ce temps nous bloquons joyeusement plusieurs rues, faisant ainsi une entrée très remarquée dans la ville ! La preuve en images, avec une petite vidéo du convoi Morallès, prise par Bruno avec son téléphone :

Une fois que les voitures ne bloquent plus le passage, il faut encore faire entrer tout le monde, "au chausse-pied" comme dit Bernard, car la place est très petite. Ceci prendra un certain temps... Je m'occupe des enfants et nous restons dans le petit parc attenant pour ne pas gêner les manoeuvres pendant plus d'une heure. Nous en profitons pour faire une petite séance photo avec Marius en pensant à sa cousine Marlène qui, je le sais, aime bien voir des photos de lui de temps en temps ! Il passera un certain temps en grande conversation avec une poupée que Luisa lui a gentiment prêtée, explorant son visage (et en particulier ses yeux) avec assez peu de délicatesse !



Nous passons aussi un peu le temps grâce à une application de l'I-phone de Didier que Léon a emprunté : elle permet de vieillir quelqu'un en partant d'une photo "normale". Voici donc ce à quoi je devrais ressembler d'ici une quarantaine (cinquantaine ?...) d'années :

Finalement tous les enfants passeront par la case "vieillissement" (sauf Luisa, qui refuse catégoriquement de se laisser enlaidir), et pour finir Julie se laissera même convaincre !






Le placement des convois progresse bien, mais véhicule par véhicule et avec parfois des manoeuvres un peu compliquées, comme ici avec la caravane de Bernard et Sylvie qui est fixée à l'avant du camion pour être placée plus aisément :

Les enfants commencent à avoir faim (il est presque 17h30), je retrouve trois tranches de pain d'épices et un sachet de quatre biscuits au fond de mon sac : nous partageons ce petit goûter mais ça ne remplit pas vraiment les estomacs (notons au passage que Marius mange autant, sinon plus, que les autres!). Les caravanes de Carole et Hélène sont placées, je vais donc leur demander si les enfants peuvent aller dans l'une d'elles car ils commencent à en avoir marre du parc et le froid de la soirée tombe doucement. Je les mets en sécurité chez Hélène (les manoeuvres des convois sont loin d'être terminées) puis profite que mon camion soit placé pour aller travailler. Comme d'habitude, la première soirée de la tournée est très studieuse : c'est là que j'ouvre les cartables des enfants et que je vois ce sur quoi nous devons travailler avec chacun. Je ferai quand même une petite pause d'un quart d'heure le temps d'aller boire un verre avec tout le monde : ce soir c'est gros apéro devant chez Bernard et Sylvie (qui sont donc juste en face de mon camion) ! Pour ma part je serai trèèès sage : mon poids ayant atteint mon seuil de tolérance, j'ai en effet décidé de faire de gros efforts niveau alimentation et boissons en tournée. Je me contenterai donc d'un Perrier citron en lieu et place de bière ou de vin, et resterai sagement loin de la table recouverte de divers biscuits apéritifs et autres tranches de saucisson ! Bon... il faut dire ce qui est : c'est assez frustrant, et cela contribue peut-être à ma courte apparition. En même temps c'est bien : plus vite je rentre au camion, plus vite j'aurai terminé de bosser, et plus je me coucherai tôt ! Un esprit sain dans un corps sain... bon, je vais essayer de tenir au moins deux jours, quoi ! XD