Samedi matin réveil aux aurores pour les Morallès, avec une dure journée en vue : rendez-vous à 8 heures dans le chapiteau pour monter la piste et le décor (la scène sur laquelle ont joué les Fatals Picard's a été démontée cette nuit)
Je culpabiliserai un peu de rester bien au chaud dans mon lit jusqu'à 10 heures du matin au lieu d'aller leur filer un coup de main... mais juste 5 minutes, en fait ! Après je me dis que ma foi, personne ne m'a aidée cette semaine quand je me couchais à pas d'heure pour bosser (à part Jean et Pierre-Yves qui m'ont soutenue moralement en m'offrant des verres de vin pendant ma pause!). Eh ouais, le monde du cirque est impitoyable... chacun sa merde ! Faut pas nous croire quand on vous dit qu'il y a beaucoup d'entraide, niark niark niark ! XD
Ils auront à peine le temps de manger le midi (et repas très très léger obligé!) car le spectacle est à 14h30. Marius ne dormant pas je tente de l'y emmener : il tient une bonne moitié du spectacle, mais ensuite commence à bailler et se tortiller. Je sors donc avec lui et vais le mettre au lit, puis je me mets au blog car j'ai beaucoup de retard et vraiment pas eu le temps d'y penser cette semaine.
Dehors il pleut sans discontinuer et j'avoue que je n'ai aucune envie de me bouger les fesses... J'arriverai juste à sortir le soir pour aller sous le chapiteau voir le spectacle de Jean-Jacques Vanier, ce que je ne regretterai pas car ce sera un sacré bon moment. (j'avoue la photo ci-dessous je l'ai piquée sur le net... et puis je n'ai trouvé nulle part le crédit photographique donc je ne peux pas vous le mettre, désolée pour son auteur...)

Ce mec est assez impressionnant, il déroule son fil tranquillement, suit son petit bonhomme de chemin et vous emmène avec lui sans que vous vous en rendiez compte. A un moment vous levez les yeux et vous vous dites juste "Tiens, mais qu'est-ce que je fais là?!". Son humour est très particulier, très doux, en fait c'est difficilement explicable... J'aime l'humour mordant, mais c'est aussi parfois agréable de se laisser bercer par un grain de folie mêlé de poésie... Un humour de gentil, en fait... :-)
En parlant d'humour, dimanche je décide de mettre un terme à ma super blague des étiquettes. La veille, déjà, comme il a plu toute la journée, les étiquettes se sont à moitié détachées, ce qui a permis aux enfants de remarquer qu'il y avait une phrase écrite au dos des étiquettes :

Pour ceux qui auraient du mal à lire, elle dit "Non parce que bon, tout le monde a le droit de se la péter, aussi, à un moment !..."
Elle laisse Augustin complètement perplexe : "Mais pourquoi ils ont mis ça, derrière, ça veut dire quoi ?..." Je continue à ricaner toute seule...
Jean, au détour d'une conversation, me dit "Moi je suis sûr que c'est toi qui les a mises", je continue à nier, mais il ajoute "allez, arrête, je le sais, j'étais pas complètement sûr mais en lisant la petite phrase derrière ça a achevé de me convaincre : c'est exactement comme ça que tu parles sur ton blog". Oh oh... grillée ! Je ne sais pas mentir plus longtemps et lui avoue que oui, j'en suis bien l'auteur. Il faut juste que je trouve le moyen de le dévoiler aux autres, maintenant !
Dimanche, donc, une idée me vient : je vais imprimer une dernière étiquette, avec la même police d'écriture que les autres, que j'accrocherai à la fenêtre de mon camion... la voici :

Sous-titre, pour les mêmes que tout à l'heure : "J'avoue tout ! (mais admettez que je vous ai bien eus!) (conclusion : méfiez-vous de la maîtresse qui dort...)"
Elle ne sera pas remarquée immédiatement (vu le temps de crotte personne ne lève trop la tête!), mais au fur et à mesure de la journée tous me diront "Alors... c'était toi ?!" Eh oui... c'était moi... quand je vous disais que le manque de sommeil engendrait chez moi d'étranges réactions !
Mais trève de plaisanteries : spectacle cet après-midi aussi, heureusement pour les artistes un peu plus tard qu'hier. Je laisse Marius terminer sa sieste puis le prends avec moi dans le camion, avec quelques jouets :

Je le prends en photo, il joue avec l'objectif et je crois qu'il aime ça ! Bon d'accord il y a des flous mais sa tronche et ses mimiques me font vraiment trop marrer :

Dimanche soir c'est le moment d'utiliser nos derniers jetons "bon pour une boisson", tout le monde se sacrifie donc pour la bonne cause ! (bin oui faut pas gâcher...)

Après le spectacle cet après-midi toutes les femmes ont reçu un bouquet de fleurs, et ce soir au dîner les hommes reçoivent un carton de vin... bin... et la maîtresse, alors ? Elle ne sert à rien, c'est ça ?! Je vais vous lâcher les six loulous dans les pattes demain matin au démontage, vous allez voir à quoi je sers ! Paniqués par ma menace, les organisateurs décident de m'offrir un carton de vin (ils n'avaient pas de bouquet en rab, forcément... mais je dois dire que j'ai toujours été pour l'égalité des sexes... surtout quand ça concerne le vin ! XD )
La soirée se prolongera assez tard, tout d'abord chez Pierre-Yves, avec Julien, Yann et Jean, qui auront une conversation extrêmement intéressante sur... les chapiteaux ! Et vas-y que ça compare la taille des coupoles, les absides, le nombre de mâts, la couleur des sangles, "Mais tu vois bien que c'est merdique, ce qu'ils font, les Italiens ! ", "Peut-être mais t'as vu le prix chez Robert ?! ", "Et puis le chap de Machin et Bidule il est atroce, sois honnête ! ", "Je ne peux pas te laisser dire ça, il est magnifique ce chapiteau enfin ! "
Alors là... j'avoue que je ne peux pas DU TOUT participer à la conversation, même avec toute la bonne volonté du monde ! Pas grave, j'ouvre grand mes oreilles et je rigole bien!
En retournant vers mon camion, vers une heure du matin, j'entends des claquements de fouet dans la nuit : voici J. et M. (afin de respecter l'anonymat des personnages de ce blog je ne dévoilerai pas leurs prénoms !), en pleine forme, en train de donner des cours de fouet aux jeunes de la Fanfare. Je reste un moment à observer la scène (cette fois encore je rigole bien!) mais rester ici finit par être dangereux, et puis demain le réveil risque d'être difficile !
En effet lundi matin tout le monde aura un peu de mal, y compris les enfants qui se sont couchés tard ("Si si, je t'assure, si tu te mets à pleurer parce que ton cousin t'avait donné ses bouts de papier et qu'il veut les reprendre, c'est que tu n'as pas assez dormi ! ")
La matinée est vraiment speed car nous devons tout boucler (les enfants repartent vers leurs écoles respectives) et terminer l'école plus tôt ce midi car les convois doivent être accrochés et prêts à partir avant le repas ! Cette fois je ne crâne pas en disant que j'étais prête avec vingt minutes d'avance : je n'aurai le temps de rouler aucun tuyau, et je suis encore en train de ranger quand Didier vient me dire qu'il voudrait accrocher. Je lui réponds qu'il peut le faire et que je vais rester dedans pour continuer à ranger pendant ce temps-là. C'était censé être rapide mais en réalité ça me paraît trèèès long ! J'ai l'impression d'être dans un bateau et j'ai du mal à me déplacer sans perdre l'équilibre ! A un moment je commence même à avoir mal au coeur et me dis qu'il est temps que ça s'arrête ! Quand la manoeuvre est terminée je n'ai plus aucune idée de l'endroit où je suis : en ouvrant la porte je vois que le camion a atterri sur la route !
Nous mangeons rapidement, puis vient le moment du départ : nous avons droit à une véritable haie d'honneur sur les côtés de la route, certains semblent très émus.

Mais le convoi s'arrête au bout de vingt mètres... Que se passe-t-il là-bas devant ?!

Ce n'est rien, juste un coffre de la caravane de Didier et Hélène qui n'était pas bien fermé...

Et ça y est, nous pouvons repartir !
La route nous semble longue, tout le monde est bien fatigué et a envie d'arriver pour se poser. Bernard et Sylvie bavassent dans la CB pour ne pas s'endormir, pour ma part j'ai été réquisitionnée par Jean : sans compagnon de route avec qui parler les trajets sont difficiles, surtout comme ça en fin de tournée. Je prendrai néanmoins quelques photos : les champs dont la couleur m'enchante toujours autant, un camion-toupie-bonhomme, un "village Saint-Morêt" (seuls ceux qui suivent vraiment le blog depuis longtemps comprendront!), un rayon de soleil qui transperce les nuages, un bel arbre mort...

Nous voici enfin aux Godeaux, j'hésite un moment à repartir directement chez moi, mais la nuit ne va pas tarder à tomber et je suis trop fatiguée pour me refaire encore deux heures et demie de route toute seule : je partirai le lendemain, tranquillement, pour une pause de pas loin de trois semaines. Rendez-vous début novembre, direction la Normandie !