La fin de la semaine sera un peu rude au niveau de l'école : rentrée, tête dans le guidon, rien de très original... Mais cette fois c'est avec deux collégiens (Augustin en quatrième et Léon en sixième), ce qui multiplie le nombre d'interlocuteurs, et je m'épuise à courir après tout le monde. Bilan de cette première semaine : une vingtaine de mails envoyés et une dizaine reçus, bonne moyenne ! N'ayant pas de nouvelles de certains profs j'y vais un peu à l'aveuglette et perds un temps énorme à chercher dans les manuels de collège ce que je pourrais bien leur faire faire. Mercredi j'y passerai mon après-midi et ça débordera jusqu'à... plus de 22 heures, le soir... Qui a dit que les enseignants ne fichent rien ?! XD
Ajoutons à cela un emploi du temps un peu compliqué à gérer, entre une sortie prévue à Tours, une journaliste du Petit Quotidien qui m'avait écrit pour venir faire un reportage à l'école (c'était urgent, elle voulait une date, je lui avais proposé jeudi ou vendredi, elle ne m'avait jamais répondu, et silence radio également suite à mon mail de rappel en début de semaine pour savoir comment je m'organisais... c'est pas pour balancer mais je trouve que certains journalistes ont vraiment tendance à abuser et vous utiliser comme un kleenex, parfois...), un filage avec présence obligatoire d'Augustin et un rendez-vous chez l'ostéopathe (dos en vrac)... Heureusement nous finirons par trouver des solutions, notamment grâce à Mamie Monique, qui m'a bien rendu service ! La sortie est donc fixée à vendredi après-midi, sans Augustin car le filage se fait à ce moment-là. Son cousin, qui est là pour trois jours, se joindra à nous à sa place. A la fin de l'école à midi, je cours donc chez l'ostéopathe à Tours puis mange un sandwich en allant rejoindre Mamie Monique sur le lieu de rendez-vous que nous nous sommes fixé. Je récupère les cinq enfants, et direction : le Musée du Compagnonnage. Petite page culturelle : je vous fais un résumé de ce qu'est le Compagnonnage grâce à un travail de recherche effectué par Léon et Augustin en amont de la visite.
Le Compagnonnage rassemble des ouvriers qui exercent des métiers d'artisanat. Ils se liguent ainsi dans des sociétés réglementées par des «devoirs» (ce sont des symboles, des règlements et des rituels).
Les Compagnons sont de moins en moins nombreux en France : ils étaient entre 150 000 et 200 000 au 19ème siècle et ne sont plus que 12 000 aujourd'hui.
Les jeunes qui ont envie de tenter l'expérience du Compagnonnage partent faire le Tour de France (pas celui à vélo!). Ils feront plusieurs stages et présenteront, au bout de quatre ou cinq ans, un travail de réception qui est aussi appelé Chef d'oeuvre (c'est l'essentiel des photos ci-dessous). Ils recevront, pendant la « cérémonie d'adoption », les deux symboles du Compagnonnage : leurs «couleurs» (ruban de soie ou de velours sur lesquels sont frappés les symboles du Compagnonnage) et leur canne (symbole de la route parcourue).
Ils reçoivent aussi un surnom formé de deux parties : l'une faisant référence à leur région d'origine et la seconde soulignant un trait particulier de leur personnalité. Voici différents exemples trouvés lors de notre visite : Bourguignon le Vainqueur, Toulousain le Bien Aimé, Rennois l'Amour du Travail, Tourangeau la Bonne Volonté, Beauceron l'Humilité, Tourangeau Coeur Fidèle, Angoumois la Fidélité, Blois Va de Bon Coeur, Le Berrichon Bien Dévoué, Ile de France La Constance, Poitevin le Courageux, Berry le Désir de Bien Faire, Languedoc la Franchise, Provençal la Clef des Coeurs, Picard la Fidélité, Parisien la Fierté du Devoir...
Notons au passage que les enfants ont eu vraiment beaucoup de mal à comprendre cette histoire de qualité qui forme la seconde partie du surnom. Ils sont incapables de dire une de leurs qualités ou même l'une des qualités des autres, ils confondent avec ce qu'ils aiment (les fleurs, les surprises, jouer aux kaplas...) ; je ne pensais pas que cette notion serait si difficile à appréhender.
Il y a cinq grandes familles du Compagnonnage :
- Les métiers du bâtiment : ce sont les couvreurs, les maîtres verriers, les menuisiers, les tailleurs de pierre, maçons et plâtriers, et enfin les charpentiers.
- Les métiers de bouche :les boulangers, les pâtissiers, les confiseurs, les cuisiniers... (autant vous dire que ce sont ces chefs d'oeuvre que les enfants ont préférés !)
- Les métiers du métal : ce sont les serruriers, les maréchaux-ferrants, les forgerons et les charrons.
- Les métiers du textile : les tisseurs, les tapissiers, et les cordiers (je mets les photos des sabotiers ici car je ne sais plus du tout à quelle famille ils appartiennent!).
- Les métiers du cuir : ce sont les cordonniers-bottiers, les selliers et les bourreliers.
C'est justement sur le thème du cuir qu'est prévu l'atelier pédagogique auquel nous participerons après la visite du musée. Au menu : fabrication d'une bourse en cuir.
On commence déjà par choisir son morceau de cuir.
A l'aide d'un compas, on trace ensuite un cercle sur une feuille, que l'on découpe : ce sera le patron.
Le tracé d'une rosace sur le patron nous aidera à placer des trous tout autour du disque, avec un espacement régulier.
On place ensuite le disque sur le cuir, et il n'y a plus qu'à découper et faire les trous dans lesquels on passera les cordons qui permettront de refermer la bourse.
On décore les liens avec quelques perles ou des petits morceaux de cuir... et voilà le travail !
Le retour au chapiteau sera assez épique : nous prenons le bus de ville et sommes bien bloqués dans les embouteillages à cause des travaux du tram (je me rends compte, d'ailleurs, au fil des tournées, que c'est le cas de beaucoup de grandes villes : tout le monde veut son tram!). Et en descendant à l'arrêt qui me semblait le plus proche du parc où nous sommes je m'aperçois qu'une voie express nous en sépare ! Généralement je repère les trajets avant de les faire avec les enfants, mais cette semaine ça n'a vraiment pas été possible... Ceci ne serait pas bien grave si le cousin des enfants n'avait un train à prendre dans pas très longtemps... Heureusement il y a un tunnel qui passe sous la voie express, nous indique une dame à qui je demandais notre chemin. Nous ne le trouvons pas immédiatement, mais ouf, après avoir redemandé à des enfants qui jouaient là, ça y est, nous le voyons ! Nous finissons donc par réussir à rejoindre le chapiteau, et tout le monde est bien fatigué.
Samedi le spectacle a lieu l'après-midi, je m'occupe donc de Marius qui sort de sa sieste, avec Bruno et Gabrielle. Il faut avoir de l'énergie pour le suivre car ça y est, il galope ! Il tombe aussi pas mal mais ça n'a pas l'air de l'affecter du tout, quand il se prend une gamelle il repart aussi sec.
Nous allons un peu dans le camion, où il trouve un petit coin bien confortable (sur la marche du bas de l'escalier) pour "lire".
Nous irons ensuite nous promener un peu dans la fête foraine installée juste à côté, sans pouvoir résister à une bonne barbe à papa. Nous nous régalons mais Marius refusera obstinément d'y goûter : ce truc qui ressemble à du coton ne l'inspire pas du tout !
A noter encore pour cette journée : un véritable sketch autour de la nouvelle machine à laver, avec dans les rôles principaux Hélène et moi ! Le midi Hélène a mis une machine en route, mais par réflexe en passant j'éteins la prise multiple sur laquelle est branché le radiateur. J'avais juste oublié que la machine était branchée sur cette même prise ! Hélène en sera quitte pour la relancer du début... Un peu plus tard je mets une machine en route, lorsqu'elle se termine je prends une partie du linge pour aller l'étendre. Je sors par la "porte d'entrée" du camion et vois Hélène rentrer avec du linge par la porte arrière. En remontant l'escalier je la vois sortir (par la porte arrière, donc) et de retour à l'intérieur je cherche où elle a bien pu mettre le reste de mon linge... il s'avère qu'elle n'avait pas vu qu'il en restait et a mis sa machine en route ! C'est donc au tour de mon linge d'être lavé une seconde fois ; ce qui nous fait bien rire. Les débuts avec cette machine sont décidément un peu compliqués !
Dimanche Bruno part avant le spectacle, et Marius s'étant endormi peu avant je pourrai le voir en entier... je ne m'en suis pas encore lassée ! Dehors un séchoir à linge me fait bien rire : mais qui est ce monomaniaque des chaussettes en laine ?...
En parlant de monomanie je ferai un drôle de cauchemar dans la nuit de dimanche à lundi : je dois vider les toilettes mais j'ai du mal à y accéder, j'en renverse la moitié par terre, tout le monde m'attend pour partir et je n'arrive pas à trouver une grille pour les vider... Il y a de vieilles angoisses qui ressurgissent, comme ça !
Lundi matin le chapiteau est démonté et nous repartons en début d'après-midi. C'est là que je me rends compte que ce camion est vraiment plus pratique que l'autre : avant quand le départ était fixé l'après-midi du montage je n'avais jamais le temps de manger et j'étais vraiment speed pour tout ranger. Là, j'aurai le temps de déjeuner tranquillement et serai même prête vingt minutes avant qu'on coupe l'eau et l'électricité ! Je peux donc rouler plein de tuyaux et de câbles, avec quand même une petite douche au passage : en retirant le tuyau d'eau de mon camion je vérifie bien qu'il y a un stop au bout du tuyau. Je tire ensuite dessus et... splash ! Heureusement j'ai quand même pris de meilleures habitudes et n'avais pas la tête au-dessus, cette fois, je n'aurai donc de l'eau que sur les bras et les chaussures. Didier, qui passe par là, me dit "Ah oui, tiens, je savais qu'il y avait un stop qui ne fonctionnait pas mais je ne savais pas lequel c'était... Bin c'est lui, donc!"
Comme l'arrivée, notre départ prendra du temps car il faut maintenant défaire notre jeu de Tetris. N'étant pas d'un grand secours pour accrocher les convois j'emmène les enfants plus loin. J'ai laissé mon sac dans le camion pensant le récupérer plus tard, Didier m'ayant dit qu'il allait rester là un moment. Je fais un tour de parc avec Marius, et en revenant... "Mais où est le camion ?" Je regarde tout autour, en me disant qu'il a pu être déplacé : rien. C'est à ce moment-là que j'entends le klaxon du camion et que je le vois passer dans la rue à côté : Didier est parti avant les autres pour aller prendre de l'essence. Je fais coucou à mon sac qui s'en va ! Le soir une bonne partie de la troupe s'en va car la prochaine tournée n'est que dans une semaine ; pour ma part je reste aux Godeaux car Carole et Gino ne repartent pas en Normandie. Je ferai donc l'école aux trois petits, pendant que Léon et Augustin retrouveront le collège. Une semaine un peu plus light au niveau de la classe, donc, et en plus la météo annonce un été indien qui devrait durer pas loin de dix jours... Que demande le peuple ?!
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