Je commence avec une petite photo pour vous présenter Fred, le cuisinier, qui est toujours très actif quand je sors à la récré du matin.

Il m'arrive souvent de faire ma curieuse pour savoir de quoi se composera le déjeuner... Aujourd'hui au menu : maquereaux ! (eh oui c'est vendredi, jour du poisson!)

Les enfants sont fatigués et difficiles à mettre au travail, la journée est bien crevante. Et une chose va me mettre de très mauvaise humeur ce soir : la lecture d'une partie d'un discours de Sarkozy. Une fois n'est pas coutume, je vais parler un peu de politique parce que ça m'éneeeerve !
J'ai toujours été désespérée par notre président, je l'admets. Et "chaque jour un peu plus qu'hier, et bien moins que demain"... Même si il s'est calmé sur son côté bling-bling et "mieux vaut posséder et jouir que réfléchir et partager", il ne peut pas s'en empêcher. De temps en temps, ça sort, ça lui échappe, et on entrevoit à nouveau le gouffre intellectuel qu'il représente. Voici un extrait de ses voeux au monde de la Connaissance et de la Culture :

"Comment voulez-vous que nous ayons un système satisfaisant quand si peu d'enfants dans une classe se disent, en regardant leur maître : « j'aimerais un jour être à sa place ». Pardon de poser la question avec une telle franchise, mais elle se pose quand même ! Le maître d'école d'autrefois, --n'ayons pas une nostalgie qui serait déplacée, et sans doute trop facile --, mais dans l'autorité « naturelle » qui était la sienne, il y avait quand même le fait que tant d'enfants dans sa classe se disaient : « la réussite, un jour, cela sera de faire comme lui, d'être moi aussi sur l'estrade et de dispenser un savoir ».
J'ai voulu la « masterisation » de la formation des enseignants. Je sais que cela a provoqué débats, polémiques. D'ailleurs, qu'est-ce qui ne provoque pas débats et polémiques ? Mon idée était la suivante, et je remercie Luc Chatel de l'avoir mis en œuvre : avec une année de formation universitaire en plus, nous pouvions, à la suite de ce qu'a très bien fait Xavier Darcos, augmenter la rémunération des professeurs.
"

Super... Bon d'accord, je n'ai pas tout mis, je cite seulement deux paragraphes, il a aussi parlé de la nécessité d'une meilleure formation et blablabla. Je ne nie pas non plus qu'enseignant est un métier qui aujourd'hui fait beaucoup moins rêver les enfants qu'il y a cinquante ans. D'accord. Mais quand même... Alors c'est vraiment ça, qu'il pense ?... Que l'enseignant a perdu son "autorité naturelle", sa position dans la société parce que son salaire n'est plus assez élevé ? Et voilà sa réponse ?! Payons-les davantage, ils seront plus respectés ?! Vous allez me trouver bien naïve, rêveuse, idiote peut-être... mais je suis stupéfiée d'être gouvernée par quelqu'un qui semble placer la valeur des gens dans leur compte en banque et leur carnet d'adresses. Je ne suis pas contre certains plaisirs matériels qui, il faut bien le dire, sont accessibles quand on a de l'argent. Mais en faire une fin en soi, se dire que le but ultime c'est de marcher sur les autres pour attraper la queue du Mickey... Franchement... Je ne peux pas admettre que plus de la moitié de la population française pense cela : qu'il faut être plus fort que les autres pour avoir droit au respect, que les écarts de salaires honteux de notre société sont normaux, que l'obésité matérielle est préférable à l'élévation intellectuelle. Mes voeux au monde de la Connaissance et de la Culture, c'est que 2011 soit la dernière année avec ce pantin creux en face de nous, et que très vite il ne représente plus personne...
Bref. Allez, hauts les coeurs... Restons positifs, j'arrête de vous saouler avec ça et je termine par une petite photo de Marius, histoire de me mettre un peu de baume au coeur et de me dire qu'il faut garder espoir en l'avenir !