Le soir, nous allons tous ensemble voir un spectacle. Un des avantages, en festival, c’est cette possibilité que nous avons de voir gratuitement un certain nombre de choses. Parce que mine de rien, à la longue, ça ferait beaucoup !


La première partie, le « coup de pouce », est présentée par Jeannette. Très court (10 minutes), ça raconte l’histoire d’une équilibriste qui, à un moment, tombe de son fil. D’après ce que j’ai compris, c’est plus ou moins l’histoire réelle de Jeannette, qui a créé ce numéro après s’être cassé le genou en tombant de son fil, à l’école de cirque. J’aime beaucoup l’esthétisme, le côté visuel. Jeannette tient de longues cannes qui semblent être en bambou, et c’est ce qui anime la marionnette. C’est grand et très voyant, contrairement à certaines marionnettes tenues par des fils, mais c’est justement ça que je trouve très beau, ici : l’artiste et son personnage ne font qu’un.


Vient ensuite une « surprise », qui n’était apparemment pas prévue : un groupe qui joue le lendemain après-midi un spectacle pour enfants vient interpréter trois chansons. Ça tombe bien, j’avais prévu d’y emmener les enfants, je me dis que l’aperçu leur mettra l’eau à la bouche ! Mais là, énorme déception… La chanteuse débarque sur scène en bondissant partout, elle essaie d’entraîner le public (adulte) mais il y a un décalage criant. J’ai l’impression qu’on me parle comme à une débile et que la chanteuse a abusé de substances illicites, ça fait faux, c’est limite agressif… du coup ça aura l’effet inverse par rapport à ce qui était escompté : je crois qu’au lieu de donner envie aux gens d’y aller le lendemain, ça a plutôt découragé pas mal de monde…
Après une petite pause « crêpes et cidre » (pendant laquelle, en discutant, je me rends compte que tout le monde a ressenti à peu près la même chose que moi au sujet des chansons pour enfants), le « vrai » spectacle commence.

« Fears » porte bien son nom : ce sont toutes les peurs, les angoisses de l’artiste juste avant de rentrer en scène qui sont représentées. Le spectacle présente à mon goût quelques longueurs (c’est que je deviens difficile en plus !), mais il est empreint d’humour et de poésie et me plaît bien dans l’ensemble. Le pauvre Henry est violoniste. Il hallucine, est poursuivi par la voix et les exigences d’une mère apparemment envahissante, puis trahi par son violon qui refuse de sortir une seule belle note, et enfin agressé par l’emballage en plastique d’une corbeille de fruits qui finit par l’engloutir… Ce qui me plaît dans ce spectacle, c’est que j’imagine tout à fait des artistes faire réellement ce genre de cauchemars. Et je me dis, du coup, que je ne suis pas la seule névrosée qui rêve de son boulot ! Didier me le confirme : beaucoup de peurs qu’il connaît apparaissent dans le spectacle que nous venons de voir. L’angoisse est un sentiment universel !