En 1905, lors du premier congrès mondial d'espéranto, Zamenhof avait dit : “... aujourd’hui, dans les murs hospitaliers de Boulogne-sur-Mer, se trouvent réunis non des Français avec des Anglais, des Russes avec des Polonais, mais des hommes avec des hommes.”
Le prix Nobel de la paix, selon le testament d'Alfred Nobel, récompense “la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix.“ Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l'homme, l'aide humanitaire, la liberté.
Le prix Nobel fut fondé en 1901 et attribué la même année à Henri Dunant (Suisse) pour la fondation du Comité International de la Croix-Rouge et la mise en place de la Convention de Genève sur des régles dans l'aide aux victimes de guerre, et à Frédéric Passy (France) pour la fondation de la Société d'arbitrage entre les Nations. Le premier congrès mondial d'espéranto eut lieu à la même époque, en 1905, dans la ville portuaire de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France.
Le but suivant apparaît dans l'"idée interne" de l'espéranto : “ sur la base d'une langue neutre, détruire les murs entre les populations et habituer les hommes de telle façon que chacun d'eux s'habitue à ne voir dans son prochain qu'un homme et un frère.“
Inspiré par le grand sage Hilell, Zamenhof a écrit des principes d'éthique de vie d'abord sous le nom "Hilelismo" (Hillélisme —1901) et ensuite “Homaranismo“ (une éthique morale considérant l'appartenance de l'homme à l'humanité — 1906) :
“Je vois en chaque homme seulement un homme, et je considère chaque homme seulement sur sa valeur personnelle et sur ses actes.“
“Je suis un homme, et je vois l'humanité entière comme une famille; je vois la division de l'humanité en divers peuples et en communautés ethno-religieuses réciproquement ennemis comme l'un des plus grands malheurs qui devra disparaître tôt ou tard, et que je dois accélérer la disparition en fonction de mes posibilités.“
Cependant, qu'est ce que l'on constate ?
Depuis la création du prix Nobel, en raison de traditions archaïques, de préjugés, l'évolution des règles de vie n'a permis que très lentement que les femmes apportent le meilleur d'elles-mêmes à toute la société. Une société dans laquelle la femme n'est pas libre d'exprimer sa façon de penser, sa façon de percevoir la vie et le monde, ressemble à une personne qui ne voit que d'un seul œil ou qui n'entend que d'une oreille. Une telle société est obscurantiste et ressemble à la caverne de Platon, à un cheval à qui l'on met des œillères pour l'empêcher de voir dans diverses directions. Une telle société, qui empêche la recherche et la comparaison de divers systèmes, voies, façons de penser, est mentalement mutilée et même dangereusement folle. Mais il existe une forme contraire de folie.
Les États-Unis, le pays qui a fait le plus de guerres dans toute l'histoire de l'humanité (liste des guerres dans lesquelles les États-Unis ont été impliqués : en anglais), qui a le premier utilisé des armes de destructions massive à l'encontre de la population civile de deux grandes villes japonaises, qui a le plus profité et qui continue de profiter énormément du commerce des armes, qui a contribué au renforcement du terrorisme taliban, a eu 160 prix Nobel (toutes catégories comprises), la Grande-Bretagne 110, la France 94... Par la contrainte d'utiliser l'anglais comme langue mondiale, avec la complicité de la Grande-Bretagne, ce même pays s'efforce de formater les cerveaux de tous les peuples pour imposer un ordre économique, politique, social, culturel et consumériste inéquitable.
En ce qui concerne le prix Nobel de la paix, les pays qui apparaissent en premier sont ceux qui ont le plus participé à un pillage armé du monde, comme colonialistes et impérialistes, ou qui ont le plus contribué pour leur propre profit à la mise en place ou au soutien à des régimes totalitaires, à des monstres, qu'ils ont voulu ensuite éliminer (entre autres, Jean-Bedel Bokassa, ex-officier de l'armée française; Idi Amin Dada, ex-sous-officier analphabète de l'armée britannique; Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi...) : les États-Unis apparaissent à nouveau en première place avec 23, la Grande-Bretagne en second avec 13, la France en troisième avec 11.
Par continent, il y a 54 prix Nobel de la paix pour l'Europe, 29 pour l'Amérique (donc 6 seulement pour les pays autres que les États-Unis !), 15 pour l'Asie, 8 pour l'Afrique. L'Océanie n'apparaît pas, et l'Onu est ajoutée en tant qu'organisation avec 8. Ces chiffres ont pour source la version française de Wikipedia.
Les pays du Tiers Monde sont peu représentés, et en particulier les pays musulmans, bien qu'il y ait là des hommes qui agissent pour la paix et la liberté dans des conditions très dangereuses, contrairement à des diplomates, présidents ou semblables gens haut placés pour lesquels la vie est très confortable et sans grands risques.
Seul prix Nobel pakistanais, de physique en 1979, Abdus Salam a été contraint de fuir en Angleterre à cause de menaces de religieux du fait qu'il appartenait à une minorité religieuse. L’Égyptien Ahmed Hassan Zewail a, en fait, longuement étudié et enseigné dans des universités étasuniennes avant de recevoir la prix Nobel de chimie en 1999.
En Iran, Shirin Ebadi, avocate et militante pour les droits de l'homme, a reçu le prix Nobel de la paix en 2003 pour son action en faveur des droits de l'homme et de la démocratie.
Si Malala Yousafzai, la jeune fille courageuse qu'un taliban a tenté d'assassiner, recevait la prix Nobel de la paix 2013, elle serait âgée de 16 ans et par conséquent le plus jeune prix Nobel de toute l'histoire de ce prix et la première femme au Pakistan.
Voir aussi, en espéranto : (EO) — Malala Yousafzai — ملاله یوسفزۍ
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