Mieux qu’une proposition de loi pour l'allègement du cartable, une réflexion devient nécessaire et urgente sur le conditionnement qui s'opère tant sur les enfants que sur les adultes au moyen de la langue la plus inadaptée pour préparer à l'apprentissage des langues étrangères, et aussi du français....

Des recherches prouvent que les natifs anglophones sont les plus exposés à la dyslexie. En Europe, ils sont les derniers à savoir lire et écrire dans leur langue. Une société pour la simplification de l'anglais fondée en 1908, bénéficia de l'appui de natifs anglophones éminents, dont Theodore Roosevelt, Bernard Shaw et Andrew Carnegie : la
Simplified Spelling Society,. Voir en particulier : "Economic and Social Costs of English Spelling"(Coûts économiques et sociaux de l'orthographe anglaise).

En France, le 3 septembre 1906, professeur
Théophile Cart avait adressé un rapport au ministre de l'Instruction publique, alors que le fiasco de l'enseignement des langues avait été annoncé depuis déjà plus d'un siècle. Extrait :

"Le malaise résultant d’un tel état de choses est si réel, qu’on s’efforce d’y apporter remède, en tous pays, par la place, de plus en plus grande, qu’on réserve, dans l’enseignement public, aux langues vivantes, alors que, d’autre part, la somme des connaissances générales qu’il convient d’acquérir, va, elle aussi, en augmentant.
Il n’y a aucune témérité à prédire que la solution par l’étude des langues étrangères, toujours plus nombreuses et mieux apprises, aboutira à la faillite. Vainement on s’efforce de la retarder par de fréquents remaniements de méthodes. Elle est fatale, parce que la mémoire a ses limites. Le nombre de personnes capables d’apprendre ‘pratiquement’ deux ou trois langues étrangères, avec tant d’autres choses, en outre est infime; or c’est à un nombre d’hommes continuellement croissant qu’il importe de communiquer avec des nations de langues différentes, de plus en plus nombreuses."

Polyglotte, parlant sept langues, licencié de grec et de latin, agrégé en langues modernes, admis en 1885 premier à l'École polytechnique et deuxième à l'École normale supérieure, le professeur Théophile Cart savait de quoi il parlait. Il découvrit l'espéranto à Uppsala, en Suède, et l'apprit en 1901. Combien y a-t-il eu de ministres de l'éducation nationale vraiment polyglottes depuis 1906 en France, et combien d'entre eux ont eu une conscience aussi développée de la difficulté d'enseigner plusieurs langues, et même une seule langue aussi difficile que l'anglais pour un niveau d'élocution mettant à égalité les apprenants avec des locuteurs natifs anglophones, une langue pour laquelle une part importante du budget de l'Éducation nationale est engloutie ? Combien ont été en mesure de constater la valeur propédeutique de l'espéranto ?

Cette politique d'enseignement des langues, qui se limite de plus en plus au seul anglais, est dénoncée avec vigueur, entre autres par le professeur Claude Hagège ("Contre la pensée unique", 2012) —, le professeur Robert Phillipson ("Linguistic Imperialism", 1992, "Linguistic Imperialism Continued", 2010), par un spécialiste d'informatique qui a séjourné plus de 25 ans au Japon, au Canada et aux États-Unis, Charles Xavier Durand "Une colonie ordinaire du XXIe siècle", 2010).

A méditer :

Devenus "Instituts Universitaires de Formation des Maîtres", les Ecoles normales ont été transformés en écoles de formation d'auxiliaires d'une colonisation insidieuse qui conduisent le monde à voir, penser, se comporter, consommer "à l'américaine".

Quand il abordera l’étude des langues étrangères, cet assouplissement du sens linguistique sera d’ une valeur inappréciable. L’espéranto se plaçant à mi-chemin entre le français et l’ allemand, par exemple, ou le latin, permettra en les fractionnant de réduire considérablement les difficultés.

Pierre Bovet. Psychologue de l'éducation et pédagogue, fondateur et premier directeur de l’Institut des Sciences de l’Éducation l'Université de Genève, père de Daniel Bovet, prix Nobel de médecine 1957.

Le propre père de Bovet, Pierre Bovet, était un philosophe respecté et il éduqua son fils à parler l'espéranto, la langue internationale, comme sa langue maternelle (ses centaines de papiers scientifiques ont été écrits avec une aisance égale en français, l'italien et en anglais).

(Extrait traduit d'un article sur
Daniel Bovet
Notable Names Database — NNDB).


Documents annexes :
  • Antoine de Maximy : "Si j'étais président". Antoine de Maximy est globe-squatteur. Il réalise et présente le programme « J'irai dormir chez vous » diffusé sur France 5.
Sa première mesure, s'il était Président, serait d'introduire l'enseignement de l'espéranto dans les programmes scolaires et de l'imposer comme la langue des échanges commerciaux.