Et voici que ma plume crisse et fait apparaître

Des rimes pâles et qui se promènent.

Je n’en suis plus le maître à cet instant.

Elle va, elle court dans le matin blême.

Et moi, je crie grâce ! Épuisée de ce temps.

Elle se déhanche sur le papier jauni

Et lui offre les gestes brûlants

De mots égratignés par sa soudaine folie.

Elle se fait légèreté et douceur

Pour vous susurrer ces vers enjôleurs.

Elle couvre mon cahier en douces avalanches

Pour vous charmer sur ses pages blanches.

Quand elle vous aura saoulé de ses désirs inavoués,

Trempée dans l’encrier renversé sur la page usée

Elle dessinera encore des gestes de douceur embaumée,

En fines arabesques mordorées…

(c)Valériane