A la claire fontaine, je me suis mirée.

L’eau était si pure que je me suis penchée

Dans le miroir de l’onde et j’ai vu alors un visage.

Ce n’était pas le mien, cela je l’ai compris.

Une face me souriait et vite, je me reculais, surprise.

Autour de moi, les saules pleuraient depuis longtemps.

Les peupliers, eux, se balançaient doucement sous le vent.

Le génie des eaux se jouait-il des curieux

Courtisant nos visages en plaisir facétieux ?

Je tremble encore à l’idée qu’il eut pu me ravir l’âme

Avec son jeu infâme…

A la claire fontaine, je n’ose plus m’y aller regarder

Et son miroir, depuis, s’est légèrement troublé…

(c)Valériane