10/11/2013 Je ne sais pas si vous avez remarqué, si vos écoutez de temps en temps France-Culture, ou tout autre média où s'expriment des intellos, ou des gens de pouvoir, bref des gens chics, soucieux de leur image et des normes, mais depuis quelques dixaines d'années il y a une façon de parler, une manie en fait, qui est typique de ces gens et de notre époque : ils bé-bégayent ! I- il leur faut, faut constamment-ment heu cher-heu-cher ! Leurs, leurs, leurs ... heu ...heu ... mots ! C'est la nouvelle façon de parler, qui j'imagine veut leur donner l'air plongés dans leurs réflexions et leur pensée tellement élevée qu'il faut qu'il se l'extirpent du corps, enfin je ne sais, mais je constate, c'est la norme chic et systématique à la mode actuellement. Car non seulement c'est nouveau, comme toute mode, écoutez des émissions de radio d'autrefois, d'il y a plusieurs décennies, les gens n'y bégayent jamais, ils savent ce qu'ils vont dire et le disent, et en plus ce sont, forcément ! tous des gens qui ont l'habitude de parler, alors ! Car enfin ces gens, ceux du moins qui sont universitaires j'imagine que lorsqu'ils se trouvent en face de leurs élèves (je n'ai personnellement jamais entendu un enseignant d'université bégayer, ils s'exprimaient tous clairement et avec maitrise de ce qu'ils avaient à dire) ils s'expriment clairement ! Et ne bafouillent pas leurs ph-phra, heu leurs phrases ! Non, visiblement, et surtout quand on voit l'universalité de cette pratique, c'est un marqueur, c'est un, c'est LE, tic snob médiatique de notre époque, vous ne pouvez pas entendre parler quelqu'un sur France-cucul, sur France-Culture sans que-que que … que ça soit, ça soit co-co, soit comme ça !
Annie Lacroix-Riz ne parle jamais comme ça ! (et en plus elle vous manie l'imparfait du subjonctif avec simplicité et naturel comme si elle était tombée dedans quand elle était petite !)
citations
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« Il n’est pas un homme au monde qui voudrait être privé complètement de son droit de souffrir, car…
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08 Oct 2014
France Gall (kaj ties amadmirindaj kanzonoj 1974-1987)
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Une chanson plus que jamais d'actualité , écoutons France Gall:
http://www.dailymotion.com/video/…
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06 Sep 2014
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la mo, la momo, la momode des z'inz'in, des z'intellos
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En effet cette coutume ridicule, répandue sur nos ondes ces dernières décennies, et qui était totalement inconnue jusqu'à au moins les années 60, est une habitude reconnue chez les anglais. La classe dirigeante française l'a une fois de plus trouvée et copiée chez ses maîtres ! Voici ce qu'en dit un français, prof d'anglais de son état
(« Chanteclair », in Pour en finir avec l'anglais, Presses de la Cité 1994) :
« Le bégaiement
Indispensable à une bonne pratique de l'anglais parlé, il remplit deux fonctions complémentaires. Tout d'abord, le bégaiement est une marque de distinction, et le SIGNE DE RECONNAISSANCE DE LA CLASSE DIRIGEANTE. (souligné par moi)
Les anglais perpétuent en effet un système de castes où les diverses strates sociales se repèrent et se situent en fonction de leur accent.
En bégayant, vous émettez un signal discret qui vous fait immédiatement reconnaître par vos pairs et vos inférieurs comme un représentant de l'élite.
….
Pour être totalement efficace, le bégaiement doit s'accompagner d'une totale vacuité des propos. (c'est tout à fait ça sur France-Culture ! Ma note) Il est également essentiel de ne jamais terminer une phrase. L'impression de stupidité distinguée ainsi créée sera du meilleur effet.
On découvre ici la deuxième fonction du bégaiement pour l'étranger, puisqu'il lui épargne l'effort démesuré que demanderait la construction de phrases complètes et cohérentes. L'insuffisance du vocabulaire, l'ignorance de la grammaire, les erreurs de prononciation, tout cela disparaîtra derrière le bredouillis propitiatoire qui ravira votre interlocuteur et vous mettra tous deux parfaitement à l'aise, unis dans la même rassurante constatation : n'ayant rien à vous dire, vous communiquez parfaitement. »
À mon avis, c'est une mode qui s'est répandue au moment de la vogue du style "naturel" à la radio dans les années 55-60, et ça correspondrait à l'émergence des radios populaires comme Europe 1.
Mais en effet, cela se manifeste encore davantage sur les stations à prétentions culturelles (je n'écoute plus assez France Culture pour pouvoir témoigner d'une expérience récente). Du culte du naturel a découlé une valorisation des propos bruts, confus et non élaborés, supposés plus inspirés. Ça va peut-être dans le même sens que le culte du banal, instauré par les artistes depuis Dada, et repris par les médias dans la télé-réalité.
C'est un des nombreux symptômes de la décadence de la civilisation, encore plus sensible dans notre vieux pays, régenté par une minorité parisienne minuscule, endogamique et irrémédiablement refermée sur elle-même.
Je viens de finir à l'instant L'incolore Tzukuru Tazaki et ses années de pèlerinage de Haruki Murakami, et cela m'a encore confirmée dans l'idée que le Japon encaisse mieux le choc que nous. Comparé aux écrivaillons parisiens qui vont se disputer le Goncourt avec leurs médiocres autofictions, Murakami mériterait le Nobel.
Avant les bredouillements, au temps où j'écoutais encore France Culture année 60-70, donc), j'avais aussi remarqué le goût pour les accents étrangers (surtout russes et espagnols), qui connotent également le génie à l'état brut.
Sur la mauvaise prononciation, je note aujourd'hui la réduction de tous les sons ê en position finale à é, pas seulement chez les Méridionaux, mais chez tous les Parisiens et "parisiophones" (les Français --> Les Francés). Il y a aussi une uniformisation de la prononciation des o et des a qui ne tient pas compte des particularités et de l'origine du mot lui-même, mais seulement de la position de la voyelle dans le mot. L'ignorance (on ne sait pas l'étymologie ni même l'orthographe) + une évidente affectation... Mécaniquement, les locuteurs semblent choisir ô, ê à l'intérieur du mot, et o, é à la finale, tandis que le a est systématiquement réduit vers le é si j'analyse bien le phénomène.
Puisque tu parles des parleurs de la radio, je viens de lire L'ordinateur du Paradis de Benoît Duteurtre, qui doit encore être sur France Musique (que je n'écoute plus, je ne peux pas savoir), et ça m'a bien fait rire, dans le sens de tes réflexions sur le monde contemporain et des miennes.
Il faudrait d'ailleurs que je trouve un moyen de ne plus payer la redevance audiovisuelle, car tu me fais ressentir davantage que je ne supporte plus ni la radio ni la télévision, et que j'ai tort de continuer de payer des Parisiens futiles à se la couler douce en s'écoutant parler. Car ces intellos dont tu parles, ce sont uniquement des Parisiens, un milieu microscopique dont Proust se moquait déjà en caricaturant les Verdurin.
par contre sur l'origine de cette mode je n'irais pas cherchez le dadaïsme, c'est beaucoup plus récent, je pense (je n'y avais pas pensé au départ, c'est la relecture de cette page dans un livre sur l'anglais qui m'a fait dire comme Bourrel : "mais oui ! mais c'est bien sûr" !) l'hypothèse influence sociologique/larbinscollabos imitation des anglo-saxons pourrait bien être la bonne.
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