Marcher. Voilà bien un geste simple. Un des premiers gestes que l'on apprend à faire dans la vie.
Un de ces gestes qu'un enfant va tenter de commencer puis recommencer pour, souvent, d'abord faire plaisir à ses parents.

Pourtant, nous savons tous que la marche est avant tout une succession de déséquilibres volontaires, en mettant un pied devant l'autre, pour se déplacer d'un endroit à un autre.
Et rapidement, cet apprentissage devient pour nous un vrai plaisir voir un besoin.

L'âge venant, et malgré le soutient des aidants, cet apprentissage juvénile peut devenir un labeur. Les douleurs sont là mais aussi les vertiges associées à une maladie.

Dès lors, la hantise de la chute, voir des anciennes chutes, va prendre le dessus sur tout.
On se braque, on tremble, on hésite et on se retient à la rampe ou à l'aidant.
La peur de tomber est omniprésente et devient souvent plus forte que le plaisir de la marche et la nécessité d'être autonome et mobile …

Je me souviens, il y a quelques années, de ma mère à la ferme familiale. Je la revois marchant d'un endroit à un autre avec une force et une volonté à toute épreuve pour aller au jardin, pour soigner les animaux ou pour nous préparer à manger. Elle faisait tout ça pour nous et, moi simple écolier, j'avais plein d’admiration pour elle.

Les années ont passé et les besoins de se déplacer ont beaucoup diminué. La maladie et la perte d'autonomie sont aussi passés par là.
Depuis quelques mois déjà, ma mère préfère rester là dans son fauteuil.
Elle a ainsi appris, malgré elle, la patience et l'attente. Oui, savoir patienter et attendre que l'on vienne la voir ou la chercher pour aller au réfectoire ou à sa chambre.

Cette perte d’autonomie et de mobilité, la famille et moi, nous l'avons vu arriver mais elle ne nous a pas rassuré. Elle nous a surtout laissé bien songeur quand la suite à donner, demain, pour elle.



Septembre 2013