La brume se lève sur la campagne normande et la ville, autour de moi, se réveille de sa torpeur matinale.

Moi, j'ai plutôt mal dormi … et les nuits froides ne m'ont, hélas, pas permis de me débarrasser de ce maudit rhume que mon clocher traîne depuis quelques jours ...

Le brouillard épais, lui, a enfin décidé de desserrer son étreinte, me donnant alors l’opportunité d'observer les premiers chalands qui s'installent et vaquent à leurs étales sur la grande place.

La vie s’organise, fébrilement, telles des ouvrières travaillant dans une fourmilière. Les heures passent, calmement, et la belle capitale me laisse, enfin, dévoiler tous ses charmes.

Ils sont bien occupé ces petites gens mais, s'ils se donnaient le temps de lever la tête, ils pourraient me donner le bonjour et voir surgir, de derrières les nuages, les cimes de mon clocher.

Les commerçants ouvrent leur boutiques et déballent leurs primeurs sur les abords de la place. Souvent, mes cloches se mettent à sonner au tocsin pour annoncer l'avènement d’un nouveau deuil mais la vie, elle, continue et n'attends pas son heure ...

Le soleil est déjà là et l'ombre de mon clocher disparaît progressivement. Les rives de l’Odon grouillent de passants apprêtés et empressés de faire de bonnes affaires avant de rentrer chez eux.

Les heures passent et la matinée s'est bien avancée.

Les ombres se font plus rares autour de moi et je sais que le marché va bientôt se terminer.

Moi, je vais alors retrouver le calme et ma solitude de tous les jours, la tête dans les nuages … jusqu'à demain.

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