Rue du Vaugueux dans le vieux Caen du début du 20e siècle. Description de l'image et écriture d'une histoire.
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Midi sonne au clocher de l’église du quartier et c'est sous un chaleureux brouhaha que tous mes camarades de l’école communale quittent en trombe les locaux puis traversent la cour pour aller manger, ce midi, chez eux. Pour ma part, je ne suis pas pressé et puis, il fait si beau que j’aurais bien tort de ne pas en profiter.
En remontant la rue principale de mon quartier, je me promène alors tranquillement, laissant traîner mon vague à l’âme et mes vieilles grôles sur les pavés délavés. Je profite souvent de la pause repas pour venir à la rencontre les artisans du quartier. J'aime bien venir les voir car c'est là que je me sens capable d'être utile à quelque chose et avoir demain un métier en main.
A droite, il y a la taverne du père Hamelin dans laquelle j'adore venir flâner tel Ali Baba dans une caverne aux trésors. A gauche, la boucherie Leboeuf dont la patronne, qui me connaît bien, vient toujours me rendre mon sourire.
Souvent, je zigzague entre les déchets ménagers et le crottin de cheval qui peuvent, ça et là, se mettre en évidence ... Aah ... les bonnes odeurs de pain de la boulangerie Dufour où je me verrai bien faire le mitron au fournil ...
Aujourd'hui, c’est avec un certain soulagement que j'ai quitté ma classe après avoir rangé mes cahiers sous le pupitre. Pour une fois, je ne me suis pas fait gronder par la maîtresse ... Je dois admettre que je ne vois pas bien l'intérêt de passer mes journées à l'école, assis les deux fesses sur un banc, à devoir rester, la plupart du temps, à ne rien faire de bien utile.
Ma foi, je dois vous avouer que je ne viens pas dans cette rue par hasard .... Je sais que c’est là que se trouve la vraie vie, mon avenir et mon futur métier. Un peu plus haut, je vois le père Morisset, l'épicier, qui m’interpelle pour me demander d’aller livrer, pour lui, quelques courses dans le quartier d’à côté. Et moi, il le sait bien, je ne peux rien lui refuser ...
Midi et demi sonne au clocher de l’église. Il ne faudrait pas que j’arrive encore en retard pour le repas. Je presse alors le pas pour me rendre à l’adresse indiquée puis arrive enfin au bistrot Ducoin où travaille ma mère au comptoir. Pour changer des habitudes, elle a choisi de m’installer aujourd’hui en face du Père Folliot, le curé de la paroisse. S'il croit que je vais en profiter pour me confesser, il peut toujours espérer ...
Après avoir manger mon repas quatre à quatre, je dois déjà quitter ma mère qui me lance un bisou en passant et je me retrouve enfin dehors pour reprendre, hélas, mon chemin de pénitence, direction ma vie d’écolier ...
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Câlinou has replied to M@rie ♥ ♥Je dois admettre que c'est difficile de raconter
une histoire, une aventure et surtout l'état d'esprit
de quelqu'un qui a vécu à une époque révolue.
pour nous. Il reste cette image et notre esprit vagabond
pour tricoter les mailles d'un instant de vie ...
Câlinou has replied to M@rie ♥ ♥Sign-in to write a comment.