Ayant habité de nombreuses années aux Antilles, à cette date nous fêtions l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage, ainsi que le jour de la St victor qui était un jour férié en la mémoire de Victor Schoelcher.



Abolition de l'esclavage en France

Le 27 avril 1848, le gouvernement de la République française publie un décret par lequel il abolit l'esclavage dans les colonies françaises.

L'abolition concerne avant tout les vieilles colonies héritées de l'Ancien Régime, dont l'économie repose encore sur les grandes plantations sucrières.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, les libéraux français, comme leurs homologues anglais, se montraient prédisposés à éradiquer cette institution indigne mais ils en étaient régulièrement empêchés par les groupes de pression des riches planteurs.

À Mayotte, sultanat musulman tombé sous protectorat français en 1841 et où n'existait aucun planteur européen, le gouvernement ne s'était pas gêné par contre pour abolir l'esclavage dès le 9 décembre 1846, sous le règne de Louis-Philippe.
Le long parcours des abolitionnistes En 1537, peu après son introduction dans les colonies des Amériques, l'esclavage avait été condamné par le pape Paul III mais les injonctions pontificales n'avaient pas eu plus de succès chez les planteurs d'Amérique qu'elles n'en ont aujourd'hui en matière de morale. C'est qu'à la Renaissance, la papauté n'avait déjà plus, comme au Moyen Âge, la capacité de faire fléchir les dirigeants chrétiens en agitant la menace de l'excommunication.

Sous la Révolution française, les députés de la Convention abolissent l'esclavage une première fois pour calmer la révolte des esclaves dans les colonies des Antilles et empêcher l'Angleterre de s'en emparer. Mais Napoléon Bonaparte revient sur cette mesure et légalise l'esclavage le 20 mai 1802. Ce faisant, le Premier Consul répond à une demande du Sénat et cède à la pression de sa femme, Joséphine de Beauharnais, née Tascher de la Pagerie, originaire de la Martinique.



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Voici les chants que nous chantions avec la chorale

la complainte Noire.


Dans le jour antillais
Tout brillant de lumière

Monte une mélopée
Une étrange prière
Qu'élève vers le ciel
Un vieux paysan noir
Rythme sempiternel
Tout frémissant d'espoir
Oui d'espoir !

Solèy la ka briyé
Ti zozio ka chanté
Papiyon ka volé
Mwen ka chèché travay
Ti moun' la ka pléré
I pa ti ni manjé
Tou patou mwen kalé
Mwen pa touvé travay

Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké fini
Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké chanjé
Poukoi fô si la tè
Nonm' ka exploité nonm'
Nonm' ka méprizé nonm'
Ki jou sa ké méyè
Ki jou sa ké méyè

Ce n'est pas du néant
Ce n'est pas des nuages
Que soufflera le vent
Détruisant l'esclavage
C'est de toi paysan
C'est de ta force immense
De toi seul que dépend
Enfin ta délivrance
Délivrance !

Solèy la ka briyé
Ti zozio ka chanté
Papiyon ka volé
Mwen ka chèché travay
Ti moun' la ka pléré
I pa ti ni manjé
Tou patou mwen kalé
Mwen pa touvé travay

Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké fini
Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké chanjé
Poukoi fô si la tè
Nonm' ka exploité nonm'
Nonm' ka méprizé nonm
Ki jou sa ké méyè
Ki jou sa ké méyè
(solo)

Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké fini
Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké chanjé
Poukoi fô si la tè
Nonm' ka exploité nonm'
Nonm' ka méprizé nonm
Ki jou sa ké méyè
Ki jou sa ké méyè

Car il viendra le temps
Où le peuple en colère
Las de voir ses enfants
Déserter notre terre
Viendra te délivrer
De ces liens qui t'enchaînent
Alors la liberté
Verra finir tes peines
Liberté !

Solèy la ka briyé
Ti zozio ka chanté
Papiyon ka volé
Mwen ka chèché travay
Ti moun' la ka pléré
I pa ti ni manjé
Tou patou mwen kalé
Mwen pa touvé travay

Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké fini
Mandé mandé bon dié
Ki tan sa ké chanjé
Poukoi fô si la tè
Nonm' ka exploité nonm'
Nonm' ka méprizé nonm'
Ki jou sa ké méyè
Ki jou sa ké méyè
Ki jou sa ké méyè










L'esclavage est l'état d'une personne qui se trouve sous la dépendance absolue d'un maître qui a la possibilité de l'utiliser comme un bien matériel. Il est la privation de la liberté de certains hommes par d'autres hommes, dans le but de les soumettre à un travail forcé, généralement non rémunéré. Juridiquement l'esclave est considéré comme la propriété de son maître. A ce titre, il peut être acheté, loué ou vendu comme un objet.

L'esclavage a été une pratique fréquente au cours de l'histoire et chez de nombreux peuples (Egyptiens, Romains, Moyen Orient, Afrique, Chine, Etats-Unis, colonies occidentales...). Entre le XVIe siècle au XIXe siècle, la traite qui a importé d'Afrique noire plusieurs millions d'esclaves a permis un développement rapide du Nouveau Monde et des économies européennes, grâce à une main-d’œuvre corvéable et bon marché.

En France, l'esclavage a été aboli une première fois par la "
Convention nationale" en 1794, à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire, avant d'être rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802. Il sera définitivement aboli en 1848, sous la IIe République, grâce à l'homme politique Victor Schoelcher (1804-1893).

Dans le monde, l'esclavage est interdit par la
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948. Certaines pratiques sont considérées comme des formes d'esclavage moderne : servitude pour dettes, servage, fausses adoptions, asservissement de femmes mariées, prostitution forcée, etc.



la prière de l'esclave

Depuis trente ans, attaché à la terre
Je n’ai connu de ma vie que misère

Grand dieu sauveur, apaisez donc ma peine
Chassez mes pleurs et calmez ma douleur

Ma tâche et lourde et cause ma détresse
Et chaque jour, je la fais sans faiblesse

Ayez pitié de moi grand Dieu sauveur
Envoyez moi de la joie dans le cœur.
Esclave oui, toujours souvenez-vous
Du fouet sanglant enlaçant votre cou

Ange du ciel, priez donc tous ensemble
Que la chaîne qui tremble
Nous libère tous un jour.

Mon triste sort ne peut rendre jaloux
Mon doux pays ne me paraît plus doux
Je n’ai pour bien que ma triste chaumière
Mais mon cœur qui espère
Trouvera le bonheur










L'esclavage Moderne qui perdure




Bien que le 27 avril 1848, l’esclavage était aboli dans les colonies françaises grâce à l’action de Victor Schoelcher. En 1948, la déclaration universelle des Droits de l’Homme le condamne ainsi que la Convention de l’ONU en 1956 et le Bureau International du Travail en 1957. Toutefois l’esclavage subsiste officiellement jusqu’en 1962 en Arabie Saoudite et 1980 en Mauritanie.


Pourtant, de nos jours, dans les faits, l’esclavage se perpétue. On considère qu’il y aurait 200 millions d’esclaves adultes et 250 à 300 millions d’enfants, soit 10 % de la population de notre planète.


Mais qu’est-ce que l’esclavage moderne ?


Dégageons quelques critères :
• un travail forcé sous la menace de sévices corporels ou psychologiques.
• être la propriété d’un employeur, sous sa dépendance totale (ainsi au Niger 870 000 personnes sont la propriété d’un individu ou d’une famille).
• être traité comme une marchandise et non comme un être humain.
• se voir imposer des entraves physiques ou voir sa liberté de mouvement considérablement restreinte.

Essayons maintenant de distinguer différentes formes d’esclavage:

• Tout d’abord, la servitude pour dettes. Elle est pratiquée dans toute l’Asie et une partie de l’Amérique latine. Les personne travaillent 365 jours par an sans rémunération (le gîte et le couvert, souvent déplorables, en font office). Selon le BIT, cela concernerait 20 millions de personnes (7,5 millions d’enfants au Pakistan). En Inde, 5 millions d’adultes et 10 millions d’enfants seraient asservis. Au Pérou, le servage pour dettes se pratique aussi (recrutement forcé, travail inhumain, enfants vendus à une famille, prostitution).
On retrouve ce mode d’esclavage au Bengladesh, au Népal, en Thaïlande, au Sri Lanka, même si, officiellement, les gouvernements condamnent cette pratique… Parfois c’est un travail à vie. Si la dette n’est pas éteinte, elle passe aux générations suivantes (par exemple en Inde et au Pakistan).