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Ma tristesse je la porte sur moi
en toute saison
Colombe à l'épaule gauche. Si je baise le bracelet
Que je porte au poignet, je pleure sans raison.
Les vergers, par ici, regorgent tous de fruits
Mais la soie rouge d'aucun ne me fait plus envie!
Quand je la plonge dans l'encre, la plume
Me fait mal comme si c'était mon doigt...
Comment ne comprends-tu, père, que le printemps
C'est la trace de mes pas que cherche la charrue
En labourant les champs ?
Comment ne vois-tu pas,
Toi, qui sait pourtant lire, que toutes ces lettres tristes les
Ecrivent sur moi les triangles de cigognes, par dessus la maison,
Lorsqu'elles s'en vont au loin, vers d'autres horizons ?


Virgil Gheorghiu

Traduction du roumain de Paola Bentz-Fauci