J'aime beaucoup Martin Gray," cet homme dont la vie fait penser à celle de Job à qui Dieu, pour l'éprouver, n'a rien laissé. Ni ses parents brûlés dans le ghetto de Varsovie, ni sa femme, ni ses quatre enfants brûlés dans un incendie de forêt ".
Je viens de relire " Le livre de la vie ". Après le dernier drame, Martin Gray est rempli de désespoir, et p 116, il raconte sa redécouverte de sa voisine, Mme Sluton, une femme vivant dans une solitude peuplée de livres et toujours prête à rendre service aux autres. Et j'ai été frappé par une parole de cette femme : " Il y a toujours quelque chose de nouveau sous le soleil, et c'est passionnant ". Je connaissais " par coeur " le proverbe du livre de l'Ecclésiaste : " Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil ". Le contraste de ces deux paroles m'a fait réaliser que le roi Salomon, auteur de l'Ecclésiaste ( cela n'enlève rien à la sagesse de ses propos ) était dépressif.
C'est vrai que lorsque l'on broie du noir, que l'on ne distille que des idées noires, on est dans ce même esprit, enveloppé comme dans un nuage sombre et épais, et pour nous, c'est comme si le soleil et ses rayons, sa lumière et sa chaleur n'existaient plus ... La déprime est là, qui s'est installée sournoisement et rien n'a plus de valeur ; le voleur a volé nos valeurs ; même ce que nous aimions auparavant nous laisse indifférent ! Comment retrouver l'envie de vivre, la motivation nécessaire pour continuer à cheminer, à mettre un pied devant l'autre, ne plus reculer, revivre cet enthousiasme des jours ensoleillés ! Car c'est cela qu'il faut alors redécouvrir : " Il y a toujours quelque chose de nouveau sous le soleil ! "
Ne plus être blasé, sortir des habitudes établies pour vivre à neuf cet état d'émerveillement de l'enfant, qui pointe du doigt quelque chose dans notre entourage, qui chez nous ne suscite plus d'étonnement ni d'intérêt depuis longtemps ! Je revois mon petit fils, Michaël, me montrant le velux de la salle à manger sur laquelle la pluie commencait à tomber ! Quelle découverte ! Quel sujet d'étonnement pour lui ! J'aime les bébés, les enfants, ils me réapprennent cette capacité d'émerveillement devant les choses et les êtres !
Enfant, j'étais volontiers rêveur, mes parents m'appelaient " Jean de la lune " ; il m'en reste quelque chose, une certaine propension à être déconnecté de la réalité, surtout celle de nos sociétés qui se déshumanisent de plus en plus.
J'avoue qu'au cours des années écoulées, longtemps, j'ai délaissé l'enfant que j'étais, je l'ai même mis au coin, ayant endossé un costume d'adulte affairé aux soucis de ce siècle. Pendant de nombreuses années, j'ai laissé s'étouffer mes sentiments, et je n'ai plus écrit de poèmes ...
Je sais que beaucoup ont connu des enfances difficiles, que certains qui me liront ont même eu une enfance volée, bafouée, mais c'est avec toute la douceur et la délicatesse possible que je termine mon propos, en vous posant cette question :
Où en est l'enfant que tu es encore ?
merci pour cette image de cet enfant qui aime la nature, à l'image de tes photos de forêt.
Pourquoi, à l'école ne cultivons nous pas le coeur plus que le cerveau ? le monde n'en serait pas où il en est !
d'accord avec toi qu'il ne faut pas idéaliser à l'excès les enfants : par exemple, " la vérité ne sort pas toujours de la bouche des enfants " ( voir l'affaire d'Outreau ). merci de tes commentaires.
Sign-in to write a comment.