Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Ce poème magnifique fut écrit par Victor Hugo le 3 septembre 1847 en souvenir de sa fille Léopoldine, quatre années après sa mort survenue par noyade ...
Combien ce poète nous fait admirablement, et avec force, ressentir son coeur déchiré par ce drame qui laisse encore quatre années après, une plaie douloureuse qui n'est toujours pas cicatrisée : il ne se sent pas capable d'extase face à la beauté de la nature qu'il va traverser, tout lui paraîtra sombre, aucune lumière ne pourra chasser sa tristesse et son désespoir, rien n'a pu le consoler de la perte de cet être aimé, sa fille chérie !
regardez la subtilité de la première strophe : elle laisse l'impression que le poète va à un rendez-vous amoureux ...
Dernière pensée : ceux-celles qui ont lu mon dernier article intitulé " Ca n'arrive pas qu'aux autres " comprendront mieux pourquoi j'aime ce poème.
Et vous, l'aimez-vous ?
" Je crois, viens au secours de mon incrédulité ! "
( le père d'un enfant épileptique en Marc 9 v 24 )
Amitiés
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