Je m'appelle Jean-Luc. Mon épouse et moi-même venons de fêter nos trente ans de mariage. Nous avons eu quatre enfants, dont l'un est parti au ciel à l'âge de 20 ans...

Nous sommes grands parents 3 fois. J'ai eu une enfance heureuse, dans un petit village de Bretagne, où mon père était médecin ... Puis je fus placé en pensionnat durant 8 ans, jusqu'en terminale. Ce fut une vie routinière où tout était réglé d'avance, depuis le matin jusqu'au soir ...

C'est arrivé à l'adolescence que les choses ont commencé à mal tourner. J'étais dépressif, l'école ne m'intéressait pas, il n'y avait que la poésie et les filles qui pouvaient faire frémir mon coeur.

Je faisais partie de ce qu'on a appelé la génération " Bof ".

Lors de ma première terminale, j'ai été pris à faire le mur et renvoyé du collège Saint Martin à Rennes. Ma deuxième terminale au lycée Emile Zola de cette même ville s'est terminée par une fugue ... et un deuxième renvoi ...

Entre temps, j'ai commencé à prendre de la drogue ( hashish, Lsd ). Puis a suivi une longue période d'instabilité, de vagabondage ... où je me suis laissé aller ...

Comme l'a écrit Rimbaud, mon guide de l'époque, mon but était " d'arriver à l'inconnu, jusqu'au plus profond dérèglement des sens "...

Un jour, ce qui est symbolique de ma vie d'alors, j'ai fait du stop avec une pancarte où était écrit : " N'importe où ". J'étais vraiment comme une brebis égarée et errante qui n'a pas de berger pour la diriger ...

Je me suis retrouvé 2 fois dans le coma : une fois après absorbtion de médicaments pour une tentative de suicide, et une autre fois, ayant fait du stop et m'étant endormi à l'arrière du véhicule, je me suis réveillé à l'hopital, le chauffeur ayant eu un accident et ayant été tué ...

Au bout de deux années, j'étais comme un clochard et la liberté que j'avais cru expérimenter me laissait sans paix et sans vrai bonheur.

J'en avais marre de survivre, je voulais vivre ! Mais comment ?

Je me souviens d'un tournant décisif à Aix en Provence. Alors que j'étais assis sur un banc, j'ai vécu un moment de profondeur intérieure où j'ai été placé devant un choix crucial : comme sur une balance, j'ai vu ce que le mal pouvait m'apporter si je lui livrais ma vie : domination sur les autres, argent à gogo ... et de l'autre côté le bien et l'amour pour les autres ...

Après un intense combat dans mon âme, j'ai choisi le bien ...

Né dans une famille catholique, depuis petit bébé, j'ai passé plusieurs centaines d'heures à des cérémonies religieuses, mais à l'adolescence, j'avais envoyé balader cette religion par trop triste et rituelle ...

J'avais néammoins un désir nouveau de rechercher dans le christianisme ...

Plusieurs fois au cours de mon parcours d'errance, Jésus était venu à ma rencontre par certains de ses enfants : en voici deux exemples parmi les faits qui m'ont le plus touché :

Alors que j'errai à Hyde Park ( Londres ) avec un italien qui cherchait à acheter de la drogue, nous sommes passés à côté d'un groupe de jeunes assis en rond et l'un d'eux s'est tourné vers moi et m'a dit en français : " Jésus t'aime ". Mais ça ne m'interessait pas à l'époque et j'ai poursuivi mon chemin sans m'arrêter ...                                         

Une autre fois, alors que je pleurais dans la rue, une fille est venue vers moi en m'offrant un sandwitch ; en parlant avec elle, j'ai appris qu'elle vivait avec son père et qu'il avait un caracrère difficile à supporter ; je lui ai suggéré de faire comme moi, de fuir loin de sa maison ; et elle de me répondre : " Non, car si je reste avec lui, c'est parce que je crois que Jésus peut toucher son coeur et le transformer ! " ...

C'est pourquoi, après avoir pris cette décision en faveur du bien, j'entrai dans une bibliothèque pour lire ce qui avait trait au christianisme ..., je trouvais l'adresse d'un pasteur et j'allai devant sa porte avec le désir de lui demander une Bible, mais je n'osai pas sonner chez lui et mon errance spirituelle continua ... jusqu'au jour où, à Aix en Provence, l'heure du rendez-vous divin devint enfin proche : ... J'avais rencontré ce jour-là un gars qui revenait d'un périple en Inde, il m'intéressait parce qu'il portait entre autres choses autour du cou une croix, c'est pourquoi je me disis qu'il allait peût-être me parler de Jésus ... ; le soir venu, nous sommes sortis du centre ville d'Aix en Provence et nous cherchions un endroit tranquille où dormir, quand après avoir emprunté un petit chemin, nous arrivâmes en face de bâtiments ; là, nous passâmes la nuit dans une salle ouverte ; mon compagnon ne me parla pas de Jésus, mais il me donna un acide, qui s'avéra sans effet ... ; le lendemain matin, nous sortimes dehors où quelques jeunes surpris de nous trouver là nous dirent : " Que faites-vous là, c'est une propriété privée ! ". J'appris alors que nous venions de dormir dans les locaux de la faculté de théologie protestante d'Aix en Provence !

L'un de ces jeunes, cependant, nous parla de Jésus, de ce qu'il avait fait pour lui, de ce qu'il pouvait faire pour nous. Il nous proposa si nous voulions connaître la même expérience que lui, d'aller dans une communauté chrétienne où d'autres jeunes comme nous étaient acceuillis ; cela n'intéressa pas mon compagnon, qui continua son chemin ; quant à moi, je suivis Lionel qui m'offrit un repas et me raconta son témoignage : il était d'un petit village, Codognan, où ayant commencé à se droguer, il avait passé le virus de la drogue à une dizaine de ses connaissances ; puis il était parti en Amérique du Sud et là-bas, il avait rencontré un grand-père qui lui avait parlé de Jésus et lui avait offert une Bible ; sa vie en avait été bouleversée, et de retour dans son village, il revint parler de Jésus à tous ceux et celles qu'il avait auparavant conduit à la drogue ; un pasteur à la retraite, ayant appris le changement opéré dan sa vie, le prit en amitié pour l'aider. A plus ou moins brèves échéances, tous ses amis se sont tournés vers Jésus.

Dans ce même village, quelques couples de chrétiens d'âge mûr se réunissaient pour prier une fois par semaine ; Ils reçurent dans leurs coeurs le désir d'ouvrir un lieu d'acceuil pour les marginaux. Tous ces jeunes qui venaient de se convertir à Jésus-Christ se joignirent à eux, et c'est ainsi que quelques années après la mise en route de ce lieu d'acceuil, j'arrivais parmi cette communauté chrétienne ...

Sans que personne ne me dise rien à ce sujet, je jetais à la poubelle un livre d'occultisme ... Je suis resté trois mois dans ce lieu. Ceux qui m'acceuillaient étaient chaleureux, j'ai ressenti dès le départ qu'ils ne voulaient pas profiter de moi, mais que leur désir était de me faire du bien ; ceux qui étaient acceuillis avaient une chambre dans cette maison ; nous prenions nos repas chez quelques familles du village ; tous les soirs, chez le couple de viticulteurs qui m'acceuillait, nous lisions un passage des évangiles et nous en parlions, puis ceux qui le voulaient priaient de manière spontanée ; il y avait aussi des réunions où nous nous retrouvions tous dans une maison du village et là, accompagnés de guitares, de tambourins et de tablas, nous chantions de joyeux cantiques, puis nous écoutions un message de la  Bible apporté par un pasteur de la communauté ... ; quelle différence avec ce que j'avais connu dapuis mon enfance dans ma Bretagne natale !

Tous les après-midis, je les passais chez ce vieux pasteur à la retraite ; là, après avoir jardiné en sa compagnie, vers quatre heures, j'étais invité par lui à prendre place dans un de ses fauteuils et son épouse nous apportait une généreuse collation ; pui il me lisait un passage de la Bible et me le commentait avec beaucoup d'affection ...

C'est au milieu de ces nouveaux amis que ma vie a connu une transformation radicale ; petit à petit, j'ai compris que le christianisme véritable n'a rien à voir avec ce que j'avais connu auparavant ..., et j'ai réalisé que ce Jésus qui avait été crucifié et mis au tombeau était ressuscité, revenu à la vie, qu'Il avait vaincu la mort, qu'Il était vivant, Lui qui transformait encore bien des vies aujourd'hui ! Alors j'ai commencé à appeler Jésus à mon secours, je lui ai demandé pardon pour mes péchés, pour tout le mal que j'avais fait, et j'ai commencé à ressentir sa présence en moi, et sa paix, sa joie et son amour ont inondés mon âme ; je lui ai remis ma vie entre ses mains afin qu'il en devienne le guide. Je n'étais plus cette brebis misérable et errante, je connaissais maintenant la protection du Bon Berger, de Celui qui avait donné sa vie pour moi sur la croix en mourant pour mes péchés ...

Pardonné par Dieu, je ressentais profondément de demander pardon à ceux à qui j'avais fait du mal, ce que je fis en demandant pardon à mes parents, ainsi qu'à une patronne d'hôtel ...

Mais je voulais également demander  pardon à une fille avec qui j'avais vécu une année et dont j'avais brisé le coeur par mon inconstance ... ; Jésus m'a fait comprendre de la laisser vivre sa vie, de ne pas lui écrire et de simplement prier pour elle ...

Ce fut elle qui m'écrivit la première ..., mais je vais lui laisser vous raconter son parcours personnel dans un prochain écrit et vous y connaîtrez également la suite de mon propre récit. A bientôt, les amis !