En ré-édition pour ce début mars....





Le lundi soir où j'ai rencontré pour la première fois le gars Pouteron, il ne me serait jamais venu à l'idée que je le connaissais depuis ma plus tendre enfance.


En effet aussi loin que remontent mes souvenirs de rentrée scolaire, je n'arrive pas très bien à me rappeler si cela se passait en 1957 ou en 1958, la seule chose qui me reviens à l'esprit c'est qu'à cette époque là on préparait la rentrée en essayant nos belles blouses grises qui étaient juste assez longues pour cacher nos shorts de coton, appelés aussi "culottes courtes". je me souviens plus exactement pourquoi on les appelait ainsi , mais je vous assure qu'à l'époque on était tous fiers de notre accoutrement.

Quant au cartable, aucune fioriture, c'était le cartable en cuir qui ferait au moins tout le primaire. Je me rappelle aussi cette rentrée entre les garçons d'un côté et les filles de l'autre...Quelle tristesse! Mais d'un côté heureusement que les filles ne nous voyaient pas dans notre accoutrement, cela nous aurait fait la honte de notre vie.

Mais revenons à lui, ce fameux gars Pouteron; déjà à l'énoncé de son nom parmi les trente-huit éléves de la classe de cours élémentaire , première année, toute la classe s'était mise à pouffer de rire. Alors qu'elle ne fut pas mon étonnement quand il me raconta à une récréation ce qu'il lui était arrivé l'année précédente au mois de juin. Il terminait sa scolarité de "cours préparatoire" comme on disait à l'époque et cela avec les plus grandes difficultés étant donné les problèmes de santé qu'il avait eu tout au long de cette si difficile année. Et bien il passait dans la classe supérieure avec un prix d'excellence...Car en ce temps là le travail était récompensé par un prix...généralement un beau livre remis lors d'une remise solennelle des "prix" générallement à la mairie ou à la salle des fêtes du village, agrémenté d'un petit spectacle fait par les élèves. Et c'est là le plus drôle, c'est que notre gars Pouteron ; petit de taille , devait embrasser une des adjointes au maire du village, ce qu'il ne voulut jamais...Il prit son livre et se dirigea immédiatement vers le fond de la salle.

Tout cela me revenait à l'esprit ce fameux lundi soir où il me semblait, quarante années plus tard , avoir déjà vu ce gars là quelque part...Il avait sans nul doute bien changé, mais toujours petit de taille et les même mimiques que par le passé. Nous avions quand même passé quelques années de notre enfance sur les même bancs d'école. Et la vie faisait que durant plus de quarante années nos chemins ne s'étaient pas croisés. On se promit de n'attendre pas si longtemps pour se revoir, et d'ailleurs aujourd'hui il est là chez moi et je vous assure que l'on a pas mal de choses à se dire, mais cela je le garde pour moi, pour une prochaine fois ...

A suivre et à bientôt comme de bien entendu.